Santé Canada a autorisé lundi l’ouverture de trois sites de consommation de drogue supervisée à Montréal.

Ces sites devraient ouvrir au printemps, affirme Denis Coderre. Ce dernier, qui parle d’un «jour historique et important», évoque «avant tout une question de sécurité publique et de santé publique». «Si on veut protéger les gens, même contre eux-mêmes, on a besoin d’avoir ce lien entre un professionnel de santé et la personne qui souffre de toxicomanie», explique le maire de Montréal.

Alors que les autorités de santé publique sont sollicitées pour lutter contre une crise de surdoses qui sévit au Canada, la ministre de la Santé, Jane Philpott, indique que le gouvernement fédéral fait sa part pour sauver des vies. «La crise des surdoses, ça touche des Canadiens partout au pays», a-t-elle commenté en point de presse devant la porte de la Chambre des communes à Ottawa.

Dans ces sites supervisés, il est possible de consommer des drogues sous la supervision d’un personnel qualifié pouvant offrir un traitement immédiat en cas de surdose. Ces établissements fournissent de l’équipement stérile, de l’information à propos des drogues et des soins de santé de base ainsi qu’un aiguillage vers des services de traitement. Dans la majorité des cas, ils proposent aussi un accès à d’autres services de soins de santé, est-il précisé dans un communiqué diffusé lundi par Santé Canada.

Le ministère fait de plus valoir que les sites de consommation supervisée ont donné des résultats positifs au Canada ainsi que dans d’autres pays. La transmission de maladies et les décès par surdose diminuent, de même que les infections, les visites aux urgences et les hospitalisations associées à la consommation de drogues injectables.

«Encore une fois, on démontre que Montréal, le Québec et le Canada forment une terre progressiste.» – Denis Coderre

Une stratégie d’encadrement mise en place
Ces trois sites montréalais, qui vont s’ajouter aux deux seuls autres existants au pays, à Vancouver, seront situés dans les arrondissements de Ville-Marie et de Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. Leur gestion sera assurée par trois organismes communautaires, CACTUS Montréal, Dopamine et Spectre de rue, déjà en relation avec des personnes souffrants de problèmes de consommation.

«Ça envoie un lien de confiance entre les personnes et les intervenants. C’est pour ça qu’on ne fait pas ça dans un hôpital», détaille Denis Coderre, qui précise qu’une stratégie d’encadrement et d’accompagnement sera mise en place «pour aider la personne à s’en sortir.»

Saluant cette décision, Projet Montréal espère des investissements pour rassurer les résidents de ces quartiers. «Nous devons investir les sommes nécessaires pour la mise en place de comités de bon voisinage, qui permettront de bien encadrer le travail des acteurs du milieu de la santé», écrit dans un communiqué Sterling Downey, porte-parole de l’opposition en matière d’itinérance.

Une demande que comprend Denis Coderre. «On va se parler [avec les citoyens], ce sera un travail de toute instant. Il faut qu’il y ait une sensibilité continue. Les gens ont conscience de l’importance de ce geste. La seule façon d’aider ces gens-là, c’est d’avoir de telles mesures de transitions.»

L’ouverture d’un site mobile montréalais est quant à lui en cours d’étude. Dix autres demandes concernant des implantation dans d’autres villes canadiennes sont également analysées par Santé Canada.

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