gracieuseté Gérard Duteau

Gérard Duteau, un agriculteur de Saint-Bernard-de-Lacolle décédé du cancer le 23 septembre 2014 à l’âge de 72 ans, a fait don par testament de tout ce qu’il possédait à la Société canadienne du cancer (SCC). Son legs est de plus de 1,7 M$.

M. Duteau a donné ses deux terres qui totalisent 330 arpents, sa machinerie agricole et ses bâtiments. Un chèque de 1 702 585,06$ a ainsi été remis à la SCC, respectant ses dernières volontés.

La liquidatrice testamentaire de M. Duteau, Suzanne Sainte-Marie et son conjoint, M. Oligny, tenaient à publiciser sa bonne action. «On voulait faire connaître son geste dans les journaux pour que ceux qui le trouvaient peut-être grincheux ou gratteux sachent qu’il était généreux», explique M. Oligny, un sourire en coin. «C’était un vieux garçon qui était bien tout seul chez lui, raconte Mme Sainte-Marie. C’était un solitaire.»

Selon leur témoignage, M. Duteau vivait très simplement. Il a longtemps conduit un vieux pick-up fabriqué en 1986. «L’important pour lui, c’était son tracteur, raconte M. Oligny. Il n’avait pas de liquidités et il n’allait pas au restaurant. Il n’était pas allé à Montréal en auto depuis 1974.»

Vers la fin de sa vie, M. Oligny accompagnait régulièrement l’agriculteur à ses rendez-vous médicaux et Mme Sainte-Marie lui préparait des repas. «Pourquoi vous faites ça?», demandait M. Duteau. «Pour vous rendre service, lui répondait M. Oligny. Parce que vous êtes mon ami. C’est tout.»

Don
Dès 2009, après avoir reçu un premier diagnostic de cancer de la peau, M. Duteau a manifesté dans un testament manuscrit son intention de léguer ses avoirs à la recherche pour lutter contre le cancer. Puis, quand son état s’est détérioré, les médecins lui ont conseillé de faire son testament et c’est à ce moment qu’il a précisé qu’il voulait tout donner à la Société canadienne du cancer.

«Des dons comme ça, on n’en reçoit pas toutes les années», avoue Patricia Tonelli, conseillère principale aux dons planifiés à la SCC. «Ce qui nous a marqués quand on a rencontré les liquidateurs, c’était l’importance pour eux de bien respecter la volonté de leur ami», ajoute-t-elle.

Moins de 50% des gens ont un testament, mais la plupart de ceux qui en ont un font des dons à des organismes de charité, souligne Mme Tonelli. «Souvent, les gens nous disent qu’ils lèguent de l’argent à notre organisme pour leurs petits-enfants, pour ne pas qu’ils vivent avec le cancer», dit-elle.

Recherche
Les liquidateurs ont décidé que l’argent serait versé à deux projets de recherche, soit un portant sur l’immunothérapie et l’autre, sur la leucémie, une maladie qui touche souvent les enfants.

«Les enfants malades, il trouvait ça injuste, confie M. Oligny. Quand il allait suivre ses traitements et qu’il voyait des jeunes qui n’avaient plus de cheveux, il disait qu’à cet âge-là, ça ne devrait pas exister.»

L’immunothérapie est une approche qui permet de traiter les cancers en augmentant l’activité du système immunitaire.  Cette recherche est menée par la Dre Heather Melichar à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont à Montréal.

Le projet de recherche sur la leucémie est mené par le Dr Guy Sauvageau à l’Institut de recherche en immunologie et cancérologie. Son équipe étudie les trois gènes impliqués dans la moitié des leucémies aiguës pour en comprendre le mécanisme.

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