Peter Mccabe Peter Mccabe / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances de l’incendie suspect survenu tôt dimanche matin dans une résidence pour personnes âgées de Terrebonne et qui a coûté la vie à une femme de 94 ans. Les policiers donnent pour l’instant peu de détails sur le drame, mais il semble que la résidence venait tout juste de poser des gicleurs, qui n’avaient pas encore été testés.

L’incendie spectaculaire a forcé l’évacuation de 43 personnes âgées, dont 13 ont dû être hospitalisées. Une dame de 94 ans qui avait été gravement brûlée a succombé à ses blessures dimanche midi, alors que deux autres personnes demeuraient hospitalisées à Montréal — mais on ne craignait pas pour leur vie.

Une préposée de la résidence privée était dans l’établissement lorsque l’incendie s’est déclaré et a aidé à l’évacuation, a indiqué en entrevue le président-directeur général adjoint du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Lanaudière, Christian Gagné.

«Peut-être il y avait quelqu’un qui faisait de la garde, mais ça, je ne peux pas vous l’assurer», a-t-il ajouté.

Les résidants ont rapidement été pris en charge par la cellule de crise du CISSS de Lanaudière, dès les petites heures du matin. Tous les patients ont été vus par un médecin avant 6 h, selon M. Gagné. Une équipe psychosociale a également été mise en place pour les proches des résidants.

Les sinistrés sont aidés par le CISSS pour être relogés dans d’autres résidences privées, des résidences intermédiaires ou des Centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD) selon leurs conditions de santé et leurs besoins dans le secteur de Terrebonne.

En entrevue, la ministre responsable des Aînés Francine Charbonneau a révélé que l’établissement venait d’installer des gicleurs, et qu’ils devaient faire l’objet de tests dans les prochains jours. Mais la ministre n’a pas pu dire si ces derniers ont été activés pendant l’incendie.

«On n’a pas le résultat de cet événement-là, ce qu’on sait, c’est que le processus était en place pour activer les gicleurs», a indiqué la ministre dimanche après-midi.

Selon les informations du plus récent registre des résidences privées pour aînés du ministère de la Santé et des Services sociaux — qui remonte à avril 2016 — la résidence Oasis disposait d’un détecteur de fumée et d’un système d’alarme incendie, mais elle ne possédait pas de gicleurs.

L’enjeu des gicleurs avait été soulevé dans la foulée de l’incendie d’une résidence de L’Isle-Verte, en 2014, qui avait fait 32 morts. Le coroner Cyrille Delâge avait recommandé de rendre les gicleurs obligatoires — ce que Québec avait accepté de faire en 2015, mais les résidences avaient cinq ans pour se conformer à cette nouvelle exigence.

L’équipe qui s’occupe du processus de certification des résidences privées se préparait d’ailleurs à visiter la résidence prochainement — pour mener une nouvelle évaluation, selon Christian Gagné.

L’établissement hébergeait 32 résidants en 2016, selon le registre du ministère. Parmi ceux-ci, 13 résidants étaient âgés de 85 ans et plus, tandis que 14 autres étaient âgés de 75 à 84 ans. Cinq d’entre eux avaient de 65 à 74 ans.

Après une première analyse de la scène, des éléments constatés par les pompiers laissent croire que le feu est de nature suspecte. Des enquêteurs de la Sûreté du Québec (SQ) se sont rendus sur les lieux, dimanche.

Ni la SQ, ni les pompiers de Terrebonne n’ont voulu donner plus de détails sur l’enquête, ou sur l’état du bâtiment.

Note aux lecteurs: changer «dans la nuit de samedi» pour «tôt dimanche matin»

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