Collaboration spéciale Sting, David Bowie, Cat Stevens et Keith Richards sont parmi les artistes qui ont enregistré des disques au studio, fondé dans les années 70 par André Perry. Photo d'archives.

MORIN-HEIGHTS, Qc — Le fondateur du studio d’enregistrement mythique de Morin-Heights, qui a brûlé vendredi matin dans les Laurentides, dit qu’il avait son deuil il y a bien longtemps de ce lieu qui a vu défiler les plus grands noms de la scène musicale.

En entrevue à La Presse canadienne, André Perry affirme ne pas être surpris que l’édifice ait été la proie des flammes.

Le sergent Daniel Thibaudeau de la Sûreté du Québec a indiqué que des enquêteurs se rendront sur les lieux, puisque les pompiers affirment que le brasier serait de nature suspecte.

Construit en 1974 par André Perry, alors technicien de son et producteur, et deux de ses amis, ce studio était à la fine pointe de la technologie. En plus de l’équipement d’enregistrement, il offrait des possibilités d’hébergement. En 1982, on y retrouvait des services d’enregistrement vidéo.

Au fil des ans, Le Studio a attiré des vedettes internationales comme les Rolling Stones, Cat Stevens, David Bowie, Bryan Adams ou Sting. Des artistes québécois comme Robert Charlebois, Jean-Pierre Ferland et Paul Piché ont aussi profité de ces installations.

M. Perry dit avoir fait son deuil, il y a longtemps.

«Ça ne me surprend pas que quelque chose de semblable arrive puisque l’édifice a été à l’abandon depuis des années et des années et des années. Je me réjouis du fait de tous ces grands disques qui ont été enregistrés là, raconte-t-il depuis sa résidence de Saint-Sauveur, dans les Laurentides. Non seulement les grands disques internationaux mais aussi les (disques) québécois.»

En plus de vedettes québécoises, plusieurs artistes canadiens sont passés par cette résidence avec vue sur le lac. On pense notamment à Corey Hart et au groupe Rush qui y a même enregistré des vidéoclips.

«C’est un lieu dont on devrait se rappeler comme ayant été le premier studio qui a attiré la scène musicale internationale chez nous, à une époque où le Québec voulait s’ouvrir aux autres», mentionne M. Perry.

Il souhaite que les gens se souviennent de l’originalité de la musique qui a été créée au Studio. Selon André Perry, ce n’est pas les paysages des alentours qui ont fait la renommée de l’endroit, mais bien la qualité des installations.

«On n’était pas associé à un seul son, c’était le premier studio à être capable de faire ça», suggère-t-il rappelant que 250 millions d’albums enregistrés au Studio ont été vendus à travers le monde.

«Si vous écoutez les 150 albums, vous allez découvrir qu’aucun d’entre eux ne sonne pareil», note M. Perry.

La nouvelle de l’incendie a été reçue beaucoup plus difficilement par Richard Baxter, un musicien des Laurentides, qui avait lancé une collecte de fonds il y a quelques années pour sauver le site mythique. Il devait d’ailleurs participer à une corvée de ménage sur le site, vendredi.

«Je voulais l’acheter mais c’était trop cher, alors j’ai pensé en faire un partenariat avec le propriétaire», raconte M. Baxter qui dit avoir travaillé sur le projet depuis près de trois ans.

«En 2001, je suis allé là pour la première fois et je suis tombé en amour avec l’endroit, soupire-t-il. Je voulais en faire un studio d’enregistrement, un endroit pour faire des spectacles et enregistrer des vidéos.»

M. Baxter avait même racheté les droits liés au logo original du Studio et dit avoir vendu 1200 t-shirts en un an.

«C’est comme quand un grand acteur meurt, tous ses films restent, fait valoir M. Perry. C’est malheureux qu’il n’y ait pas eu de suivi, de continuité, mais les choses dans la vie c’est comme ça des fois, ça s’éteint.»

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!