La Presse canadienne Des comprimés de Fentanyl

L’Agence de santé publique du Canada (ASPC) prévoit qu’environ 3000 personnes mourront à cause d’une surdose d’opioïdes au pays cette année.

Dans un rapport publié jeudi, l’ASPC a dévoilé qu’au moins 602 personnes ont perdu la vie, apparemment en lien avec leur consommation d’opioïdes, au cours des trois premiers mois de 2017. «C’est plus élevé que le premier trimestre de l’an dernier, alors on est très préoccupés, a souligné la sous-ministre adjoint à Santé Canada, Suzy McDonald. Nous sommes confrontés à une importante épidémie qui ne cesse de s’aggraver.»

Ces données n’incluent toutefois pas celles de l’Ontario et du Québec. L’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), a indiqué à Métro qu’un délai d’environ 11 mois était nécessaire au Bureau du coroner pour produire des rapports complets. Aucune prévision pour l’année en cours n’a été effectuée par les chercheurs québécois, mais les cas de surdoses sont en augmentation constante depuis l’an 2000.

Également, selon les données publiées jeudi, 2816 morts sont apparemment liées aux opioïdes pour l’année 2016, ce qui signifie que 8 personnes ont été emportées à chaque jour en moyenne à cause de ces substances. Les chiffres varient grandement d’une province à l’autre. En Colombie-Britannique, 978 personnes ont péri, tandis qu’au Québec, il n’y a eu que 140 morts. On prévient toutefois que ce nombre «devrait augmenter».

En termes de taux de mortalité. C’est dans la Belle province que c’est le plus faible (voir carte ci-dessous), si l’on exclut le Nunavut où aucun cas n’a été recensé.

L’ASPC a expliqué que le nombre de personnes ayant succombé à une surdose de fentanyl a doublé entre le début de 2016 et de 2017, représentant 52% des morts pour la dernière année. Toutefois, de nombreuses différences régionales apparaissent puisqu’au Québec, le fentanyl était impliqué dans 19% des morts. «Ces données prouvent que nous faisons face à deux problèmes différents : les overdoses d’opioïdes sous prescription et les morts liées à l’usage des drogues illicites, qui comprennent du fentanyl ou d’autres opioïdes», a expliqué le Dr Robert Strang de l’ASPC, qui reconnaît qu’il est complexe de s’attaquer au problème des prescriptions.

Moins d’hospitalisations dans les grandes villes
L’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) a pour sa part publié des données sur les hospitalisations à la suite d’intoxications aux opioïdes, qui se chiffrent à 16 cas par jour au pays. «Comme pour les décès, il y a des différences régionales. Les taux sont plus élevés dans les provinces de l’ouest et dans le nord, surtout en Colombie-Britannique et en Alberta», a précisé Christine Lalande de l’ICIS.

On note aussi que les taux d’hospitalisation par 100 000 habitants sont plus faibles dans les grandes villes. «Cela peut être lié à un meilleur accès à la naloxone et aux sites d’injection supervisée dans les villes», a jugé Michael Gaucher, de l’ICIS. La sous-ministre McDonald croit que l’attention est «concentrée sur les grandes villes» et qu’il faudra évaluer «comment on peut mieux rejoindre les gens des plus petites communautés».

C’est d’ailleurs à Montréal où le taux est le plus faible avec 5,5 cas par 100 000 habitants. Toutefois, il s’agit de données enregistrées du 1er avril 2015 au 31 mars 2016, tandis que dans les autres provinces, ce sont des données qui ont été recueillies en 2016-2017.

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