La Presse Canadienne

Dixième-huit mois après les révélations des Panama Papers, une nouvelle enquête sur les paradis fiscaux vient éclabousser plusieurs politiciens et financiers d’envergure mondiale, dont le milliardaire québécois Stephen Bronfman, la reine Élizabeth II, et plusieurs hauts placés de l’administration Trump.

Une vaste enquête menée par le Consortium international des journalistes d’enquête (ICIJ), qui regroupe 95 médias à travers le monde dont Radio-Canada, a mis à jour plus 13 millions de documents issus d’une fuite massive de données.

Ces documents, surnommés les Paradises Papers, proviennent en grande partie de deux cabinets reconnus pour oeuvrer dans les paradis fiscaux, Appleby, basé aux Bermudes, et Asiaciti, établi en Asie.

Cette investigation a notamment permis de démontrer que Bronfman, grand argentier du Parti libéral du Canada lors de la dernière campagne électorale, et l’ancien sénateur libéral Leo Kolber ont joué un rôle actif dans la création d’une fiducie aux îles Caïmans, un paradis fiscal reconnu.

La fiducie, créée en 1991 par Kolber et liquidé l’an dernier, aurait atteint une valeur de 60M$ qui ont échappé au fisc canadien.

La fiducie aurait été gérée depuis le Canada, alors que pour éviter d’être assujettie aux lois fiscales canadiennes, une fiducie à l’extérieur du pays doit être contrôlée par le fiduciaire à l’étranger.

Selon cette portion de l’enquête menée par Radio-Canada et le quotidien Toronto Star, la fiducie aurait été gérée directement par la société Claridge, basée à Montréal, fondée par Charles Bronfman, le père de Stephen Bronfman, et qui fut administrée dans le passé par Kolber.

Stephen Bronfman a dirigé la campagne au leadership de Justin Trudeau à la tête du parti libéral du Canada (PLC) en 2013, avant de devenir le responsable du financement du PLC lors de la dernière campagne électorale fédérale.

L’avocat représentant la famille Bronfman et Leo Kolber a nié les allégations, affirmant que ces clients avaient toujours agi de façon éthique et correct.

Dans un courriel envoyé à Radio-Canada, le Parti libéral du Canada a affirmé que «Stephen Bronfman est un bénévole qui aide uniquement la formation politique pour ses campagnes de collecte de fonds et qu’il ne prend pas part aux décisions politiques».

Le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Sheer, a réagi dans un communiqué dimanche: «Alors que Justin Trudeau a passé l’été à traiter les entrepreneurs locaux de fraudeurs, ce sont ses plus proches alliés, au sein même du Parti libéral du Canada, qui évitaient de payer leurs impôts ici au Canada.Les amis de Justin Trudeau, des libéraux bien placés, s’en tirent en payant moins et vous devez payer d’avantage. Il n’y a rien de juste là-dedans.»

Sur la scène internationale, les Paradise Papers indiquent de nombreux proches du président américain Donald Trump, dont le secrétaire d’État Rex Tillerson et le secrétaire au Commerce Wilbur Ross, ont eu des liens avec des entreprises impliqués dans les paradis fiscaux.

Tillerson a siégé au conseil d’administration de la compagnie Marib Upstream Services Co, qui a été un client de la firme Appleby jusqu’en 2015.

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