Andrew Vaughan premiers meeting. Andrew Vaughan / La Presse Canadienne

LUNENBURG, N.-É. – Le chef national de l’Assemblée des Premières Nations (APN), Shawn Atleo, n’a pu obtenir le soutien absolu des premiers ministres des provinces et territoires, mercredi, pour la mise sur pied d’une commission d’enquête sur la violence faite aux femmes et jeunes filles autochtones.

M. Atleo, accompagné d’autres chefs autochtones, s’est entretenu avec les premiers ministres à Lunenburg, en Nouvelle-Écosse, où ils ont discuté de plusieurs dossiers touchant les communautés autochtones, notamment l’éducation, l’hébergement et les soins de santé. Ils ont aussi évoqué les façons d’assurer une meilleure répartition des revenus tirés de l’exploitation des ressources naturelles.

Le chef national de l’APN a pressé les premiers ministres des provinces et le gouvernement fédéral de répondre à ses appels pour l’instauration d’une commission d’enquête nationale sur les femmes autochtones portées disparues ou assassinées. Ces femmes sont cinq fois plus susceptibles d’être victimes de violence que tout autre groupe au Canada.

«C’est un moment pour faire le point. C’est une période charnière pour ce pays. Nous demandons aux premiers ministres d’assumer un rôle de leadership dans ce que nous considérons comme absolument nécessaire», a plaidé M. Atleo.

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse et hôte du Conseil de la fédération cette année, Darrell Dexter, a soutenu que cette problématique avait été abordée et un consensus atteint, les leaders s’entendant pour observer «ce qui se passe» dans les autres provinces.

Il n’a toutefois pas accordé le soutien absolu exigé par M. Atleo pour la tenue d’une commission d’enquête, insistant sur le fait que la question de la violence faite aux femmes autochtones ferait l’objet de nouvelles discussions lors d’une rencontre prévue en novembre, au Manitoba.

«La gravité de la situation ne s’en trouve pas réduite et nous comprenons parfaitement la volonté de vouloir faire toute la lumière sur ces questions», a indiqué le premier ministre Dexter.

«Mais ce que je dis, c’est qu’il y a d’autres choses qui sont déjà en cours.»

La Colombie-Britannique tient sa propre commission d’enquête sur la mort et la disparition de femmes dans le quartier Downtown Eastside de Vancouver, de même que sur la gestion de la police dans l’enquête sur le meurtrier en série Robert Pickton.

La chef nationale du Congrès des peuples autochtones, Betty Ann Lavallée, a reconnu que les premiers ministres n’avaient pas accordé un soutien absolu à la mise sur pied d’une commission d’enquête nationale. Elle a toutefois fait valoir qu’ils avaient promis de soutenir les mesures pour combattre la violence faite aux femmes et aux jeunes filles.

«Je crois qu’à leur façon, ils l’ont endossée. Tout le chemin parcouru depuis quelques années sur cette problématique est carrément énorme», a déclaré Mme Lavallée à l’issue de la rencontre.

Ottawa aussi fait la sourde oreille aux nombreux appels lancés par les chefs autochtones pour la création d’une telle commission d’enquête.

Des chercheurs autochtones ont estimé que plus de 600 femmes autochtones avaient été portées disparues au cours des deux dernières décennies. Ils ont ajouté que les problèmes vécues par ces femmes étaient profonds, qu’elles vivent sur les réserves ou non.

Les discussions sur cette problématique reviennent fréquemment, mais elles se sont intensifiées le mois dernier après l’arrestation de Shawn Cameron Lamb, accusé dans une série de meurtres visant des femmes autochtones de Winnipeg.

Le dossier avait également été mis de l’avant par les candidats dans la course à la chefferie de l’APN, la semaine dernière. Les chefs autochtones ont adopté une résolution d’urgence exhortant tous les paliers de gouvernements à agir.

Les premiers ministres ont signé un engagement personnel pour vivre une vie sans violence et faire la promotion de la sécurité auprès des autochtones, emboîtant ainsi le pas à plus de 1300 chefs autochtones ayant signé la déclaration pendant le sommet de l’APN.

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