Alex Panetta Alex Panetta / La Presse Canadienne

WASHINGTON — Dans sa croisade contre l’ALÉNA, le président Donald Trump recueille des appuis d’Américains qui sont habituellement ses farouches adversaires.

Le sénateur progressiste Bernie Sanders et d’autres membres de la gauche américaine opposés à l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) ont ainsi tenu une conférence de presse, mercredi à Washington, pour demander au président Trump, «pour une fois dans sa vie», de respecter sa promesse électorale et de réformer en profondeur l’accord commercial signé il y a 25 ans.

Au même moment, les négociateurs des trois pays signataires étaient réunis à Washington pour une «mission exploratoire» afin de dégager des pistes de solution en vue de la prochaine ronde officielle, en janvier à Montréal.

Les opposants qui ont pris la parole mercredi au Capitole ne souhaitent pas, par ailleurs, l’abrogation de l’ALÉNA, mais ils demandent des modifications importantes à l’accord.

Le sénateur Sanders a rappelé qu’il est partisan de la poigne de fer dans ces négociations, notamment pour accroître les dispositions de la loi protectionniste «Buy American». Il irait même plus loin que le président républicain en abolissant carrément le chapitre 11 de l’ALÉNA, qui prévoit un mécanisme de règlement, par un tribunal impartial, des litiges entre les investisseurs et les États. La Maison-Blanche plaide jusqu’ici pour un assouplissement de ce chapitre 11.

Le sénateur du Vermont, candidat malheureux à l’investiture démocrate pour la présidentielle de 2016, souhaite par ailleurs que le président Trump aille plus loin au chapitre des normes du travail, et qu’il élimine les mesures incitatives pour délocaliser des emplois.

Alliés objectifs, mais…

Même si la gauche et le président républicain sont devenus des alliés objectifs sur l’ALÉNA en général, ces désaccords illustrent que les deux camps ne partagent pas toujours les mêmes vues sur les détails. Il n’est pas certain, alors, que les démocrates au Congrès appuieraient la Maison-Blanche lors d’un vote de ratification sur un ALÉNA revu et corrigé.

Les politiques commerciales aux États-Unis suivent rarement les clivages partisans «naturels». En 1994, ce sont les républicains qui avaient aidé le président démocrate Bill Clinton à faire ratifier l’ALÉNA au Congrès. Aujourd’hui, les sondages révèlent que les électeurs démocrates sont plus enclins à appuyer l’ALÉNA, mais pas leurs élus. À l’inverse, les élus républicains sont plutôt favorables à l’accord, alors que leurs partisans sont majoritairement contre.

La représentante démocrate du Connecticut Rosa DeLauro refuse d’être qualifiée de «protectionniste» ou d’«anti-commerce». «Nous voulons travailler avec l’administration (Trump). Nous voulons réécrire l’ALÉNA», a-t-elle soutenu mercredi.

Bernie Sanders a admis que les «mauvais accords commerciaux» ne sont pas les seuls responsables des problèmes subis par le secteur manufacturier américain, qui ont accru les inégalités aux États-Unis au cours des dernières décennies. «Mais (la mondialisation) a joué un rôle important dans le déclin de la classe moyenne américaine», a-t-il soutenu mercredi.

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