TORONTO – Le gouvernement minoritaire libéral en Ontario pourrait tomber cet été s’il décidait d’imposer un gel des salaires aux enseignants sans un appui de l’opposition.

Le premier ministre Dalton McGuinty estime que son gouvernement déploie des efforts sincères afin d’arriver à un accord sur de nouvelles conventions collectives avec les enseignants d’ici le 1er septembre, mais ajoute qu’il imposera par décret les conditions de travail si nécessaire. Il ajoute que le respect du mécanisme de négociation n’est pas une excuse pour demeurer inactif.

Les libéraux tentent de négocier un gel de deux ans des salaires de plus d’un million de travailleurs du secteur public, dans le but d’éliminer d’ici 2017-18 le déficit de la province, qui devrait atteindre 15 milliards $ cette année.

Les conventions collectives des enseignants viennent à échéance le 31 août, et sont automatiquement reconduites si aucune nouvelle entente n’est conclue à cette date. Or, ces conventions collectives prévoient une augmentation de 5,5 pour cent cette année, ce que le gouvernement ne peut plus se permettre, estime M. McGuinty.

Le premier ministre ne peut guère compter dans ce dossier sur le Nouveau Parti démocratique, qu’il accuse de se sauver des discussions sur le gel des salaires «à une vitesse encore plus grande que celle du Jamaïcain Usain Bolt», médaillé olympique au 100 mètres.

Les conservateurs, quant à eux, exigent le gel des salaires de tous les employés du secteur public, et veulent que celui-ci soit encadré par une loi. Mais ils précisent ne pas pouvoir accepter une loi qu’ils n’ont pas encore vue.

Les libéraux croient qu’il est trop tôt pour évoquer le fait qu’une «loi spéciale» pourrait être soumise à un vote de confiance à l’Assemblée législative, ce qui pourrait faire tomber le gouvernement si elle était défaite, et provoquer le déclenchement d’élections générales anticipées.

Les dernières élections générales en Ontario ont eu lieu en octobre dernier.

Par ailleurs, la ministre de l’Éducation, Laurel Broten, a annoncé jeudi que la province avait conclu une entente avec les enseignants francophones en vue du renouvellement de leur convention collective.

L’accord conclu avec les quelque 10 000 membres de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) fait suite à une entente survenue avec l’Association des enseignants catholiques de l’Ontario, et avec l’association des professionnels tels les bibliothécaires, psychologues et orthophonistes scolaires.

Le conseil scolaire catholique de Toronto a entériné l’entente mais d’autres conseils scolaires seraient réticents.

La ministre Broten a indiqué que l’entente avec l’AEFO est similaire à celle conclue avec les enseignants catholiques, qui prévoit notamment le gel des salaires pendant deux ans et trois jours de congé sans solde.

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