MONTRÉAL – Le ministre des Affaires étrangères John Baird a soutenu vendredi que la décision du Canada de fermer son ambassade en Iran avait commencé à germer il y a plusieurs mois, après avoir constaté que le gouvernement de Téhéran ne faisait pas d’effort pour protéger les représentations diplomatiques étrangères, comme l’ont fait d’autres pays de la région.

S’exprimant devant les médias à Montréal, M. Baird a indiqué qu’Ottawa avait décidé de réduire son personnel diplomatique au strict minimum après une invasion contre l’ambassade britannique en novembre, avant de la fermer complètement il y a dix jours. Le Canada voulait assurer la sécurité de son personnel.

Selon lui, l’Iran a un historique d’absence d’aide aux ambassades étrangères depuis la crise des otages américains en novembre 1979. Des militants de la révolution iranienne avaient alors pris d’assaut l’ambassade américaine et détenu 52 personnes en otage pendant 444 jours.

Un autre facteur ayant penché dans la balance fut la reconnaissance de l’Iran comme pays soutenant le terrorisme, a-t-il ajouté.

La situation des bâtiments canadiens a également dicté en partie la décision en faveur de la fermeture complète, a dit M. Baird.

L’ambassade est située près de la rue et n’est pas assez sécuritaire aux yeux du gouvernement, a-t-il souligné.

Quant à la possible réouverture de l’ambassade canadienne au Caire, qui a été fermée jeudi, celle-ci sera évaluée sur une base quotidienne, a déclaré le ministre.

Les commentaires du premier ministre Stephen Harper et de celui du ministre des Affaires étrangères John Baird ont pris plusieurs observateurs au dépourvu. La décision du gouvernement coïncide avec une série d’attaques effectuées contre plusieurs ambassades occidentales dans le monde musulman.

Baird a souligné que le Canada avait toujours été sensible au sort du peuple iranien en dépit de ses différends avec les autorités, mais il était préoccupé par la réticence de l’Iran à protéger les ambassades étrangères contre les attaques.

«Nous n’aurions pas pu être plus prévoyants lorsque nous avons pris cette décision il y a trois ou quatre semaines et que nous l’avons mise en pratique il y a dix jours», a déclaré John Baird, en parlant du bouleversement qui sévit dans la région.

Le ministre qui s’adressait à un groupe oeuvrant en relations internationales a mis en relief l’indifférence des autorités iraniennes. «Que ce soit au Caire, en Tunisie, à Benghazi, à Tripoli, à Khartoum, les gouvernements et leurs forces de sécurité font tout en leur possible pour protéger les installations diplomatiques, mais pas Téhéran.»

Tout en déclarant avoir pris une décision difficile, le ministre a déclaré qu’il ne comptait pas s’excuser, que c’était la bonne décision à prendre.

Au moment de l’annonce de la fermeture de l’ambassade, l’agence de presse Iran’s Fars avait rapporté que le président de la chambre Ali Larijani avait annulé sa visite au Canada pour protester contre cette décision.

La porte-parole du ministre iranien des Affaires étrangères avait alors accusé le gouvernement Harper d’avoir une vision extrémiste et considérait sa décision d’exiger le départ des diplomates iraniens du Canada dans un délai de cinq jours était malavisé. Le ministère a également qualifié la fermeture de l’ambassade de non professionnelle, non conventionnelle et d’injustifiable.

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