Geoff Robins Geoff Robins / La Presse Canadienne

WATERLOO, Ont. — La rémunération des dirigeants d’Hydro One s’est invitée dans la campagne électorale ontarienne, mardi: les libéraux soutiennent que les hausses sont «inacceptables», alors que leurs adversaires y voient une des conséquences de la privatisation de cette société d’État.

La chef libérale, Kathleen Wynne, a indiqué mardi qu’elle avait demandé une révision de la rémunération à Hydro One lorsqu’elle a appris les «hausses inacceptables» consenties aux cadres — dont des augmentations de 70 000 $ pour le président du conseil et de 25 000 $ pour les autres membres. En campagne à Waterloo, mardi, la première ministre a indiqué qu’il fallait s’attendre à des changements à la lumière de cette révision.

Ces augmentations sont versées depuis janvier dernier, selon la circulaire de sollicitation envoyée aux actionnaires d’Hydro One avant l’assemblée annuelle de mardi. Hydro One, plus importante société de transmission et de distribution d’électricité en Ontario, a été partiellement privatisée en novembre 2015; en décembre dernier, la province s’était délestée d’une participation de 53 pour cent dans cette société maintenant cotée en Bourse.

Le gouvernement libéral de Mme Wynne promettait à l’époque d’utiliser le fruit de la vente d’actions pour financer des projets de transport collectif et d’infrastructure. Ses détracteurs attribuent à cette privatisation la hausse des tarifs d’électricité, qui hante les libéraux depuis. Mme Wynne a rappelé mardi que la mesure visait à réduire un «déficit d’infrastructure critique» en Ontario.

Le chef progressiste-conservateur, Doug Ford, ne se lasse pas de railler les libéraux pour les hausses de rémunération à la direction d’Hydro One — il surnomme le directeur, Mayo Schmidt, «l’homme de six millions de la première ministre», en référence à son salaire de l’an dernier. Des partisans de M. Ford ont d’ailleurs manifesté brièvement, mardi, à l’extérieur de l’assemblée annuelle d’Hydro One à Toronto. M. Ford a promis à nouveau, s’il est élu le 7 juin, de limoger tous les hauts dirigeants d’Hydro One, mais il ne s’est pas engagé mardi à racheter les actions de l’entreprise. «Nous devrons d’abord examiner les livres comptables», a-t-il prudemment admis.

La chef du Nouveau Parti démocratique, Andrea Horwath, a quant à elle promis de «déprivatiser» l’entreprise si elle est élue. Lors d’une étape de campagne à London, mardi, elle a affirmé que les hausses de rémunération à Hydro One lui apportaient encore plus d’arguments.

«Il est clair qu’Hydro One ne devrait pas être dans le privé parce que les décisions sont alors prises dans l’intérêt des actionnaires privés et/ou des membres du conseil (…) et non de la population», a-t-elle soutenu.

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