Adrian Wyld/La Presse canadienne Stephen Harper

OTTAWA – Le gouvernement conservateur est encore la cible de critiques pour avoir omis d’énoncer des règles claires pour les investissements étrangers au Canada à la suite d’une autre proposition d’achat rejetée et en prévision de l’acquisition par la Chine d’une importante société pétrolière canadienne.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti libéral ont reproché au premier ministre Stephen Harper d’avoir repoussé pendant deux ans le moment d’agir dans ce dossier, soutenant qu’il devrait maintenant prendre une décision concernant l’offre de 15,1 milliards $ déposée par la China National Offshore Oil Corp (CNOOC) pour l’achat de Nexen, une société basée à Calgary, sans lignes directrices précises.

Plus tôt lundi, le géant américain Lowe’s avait annoncé sa décision de retirer sa proposition d’achat pour la chaîne de quincailleries Rona, donnant comme raison l’hostilité de la direction de l’entreprise québécoise à la transaction.

Mais les analystes croient que l’opposition du gouvernement minoraire péquiste de Pauline Marois, qui aurait compliqué l’approbation de l’achat en vertu de la Loi sur Investissement Canada, a probablement pesé dans la balance.

La loi exige que les bénéfices que doit retirer le Canada de la vente de l’une de ses sociétés à des intérêts étrangers soient clairement démontrés, mais n’explique pas ce que cela signifie au-delà de la création d’emplois et des retombées économiques.

Les critiques soutiennent que c’est précisément là que se trouve le problème puisque l’ambiguïté et le côté secret du processus permet trop de discrétion et ouvre la porte aux pressions politiques.

«De l’improvisation, c’est ce que l’on obtient lorsque le gouvernement néglige de mettre en place un cadre de travail», a affirmé le leader adjoint libéral, Ralph Goodale, qui a déjà été ministre des Finances.

De son côté, le porte-parole néo-démocrate en matière d’énergie et de ressources naturelles, Peter Julian, a demandé au gouvernement d’organiser des audiences publiques sur la vente de Nexen, accusant les conservateurs de prêter davantage l’oreille aux lobbyistes de la CNOOC.

Même s’il n’a pas répondu directement à la question, le ministre de l’Industrie, Christian Paradis, a indiqué que l’acquisition de Nexen serait «surveillée de très près». Il a ajouté que la proposition du NPD dissuaderait les investisseurs étrangers de faire des affaires au Canada.

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