OTTAWA – Une analyse indépendante a conclu que les coupes budgétaires qui frappent actuellement la Défense nationale sont probablement plus draconiennes que ce qu’a laissé entendre le gouvernement de Stephen Harper.

Même si ce ne sera pas un retour à la «décennie de la noirceur», surnom que donnent les conservateurs aux années où les libéraux étaient à la tête du pays, les réductions seront importantes et pourraient miner la capacité de l’armée à réagir rapidement aux crises.

L’époque où les soldats devaient limiter leur utilisation de munitions et de carburant durant leur entraînement de même que les sommes consacrées à rendre leur équipement prêt pour les opérations pourraient être sur le point de revenir, prévient le rapport.

Le document, rédigé pour le Centre d’études de sécurité et de défense de l’Université Carleton, estime que l’effet combiné de l’examen stratégique des Forces canadiennes et du plan d’action du gouvernement fédéral pour réduire son déficit retranchera 2,5 milliards $ du budget de 21 milliards du ministère de la Défense d’ici l’exercice financier 2014-2015.

Le rapport de 27 pages, écrit par l’expert en défense Dave Perry, serait le premier portrait complet de l’impact des deux initiatives de compressions budgétaires d’Ottawa sur l’armée canadienne après la fin de la guerre en Afghanistan.

«Avec le retour de l’économie au sommet de la liste de priorités du gouvernement, les Forces canadiennes devront s’ajuster à un nouveau climat fiscal qui entraînera une diminution de 11 pour cent de son budget au cours des trois prochaines années», indique le rapport dont La Presse Canadienne a obtenu copie.

«Au même moment, la capacité de l’armée à effectuer des ajustements budgétaires se trouve considérablement limitée par la décision de conserver ses moyens en première ligne. Résultat, c’est le budget d’exploitation et d’entretien qui écopera.»

Le gouvernement Harper a répété à plusieurs reprises qu’il voulait que le Canada joue un rôle militaire important sur la scène internationale aux côtés de ses alliés mais, d’après le document, les coupes pourraient restreindre les Forces canadiennes presque aussi durement que dans les années 1990.

Le penchant des conservateurs pour l’armée, dont ils se disent d’ardents défenseurs, sera mis à l’épreuve durant les prochaines années.

«Ils coupent beaucoup, mais pas plus qu’un autre gouvernement qui se trouverait dans la même situation», a déclaré M. Perry, qui est aussi chercheur pour la Conférence des associations de la défense.

«La Défense nationale représente une part très importante des dépenses discrétionnaires et, si vous voulez réduire les dépenses fédérales, vous devez couper dans la défense.»

Mais un porte-parole du ministre de la Défense, Peter MacKay, a affirmé que le gouvernement conservateur avait augmenté le budget de l’armée de 1 milliard $ par année depuis son arrivée au pouvoir, incluant une hausse annuelle garantie du budget de fonctionnement.

«À la suite de la mission de combat en Afghanistan, et de concert avec tous les autres ministères, le ministère de la Défense nationale et les Forces Canadiennes doivent s’assurer que chaque dollar versé par les contribuables est bien employé et cela, en retour, rend les Forces Canadiennes plus efficientes et, ultimement, plus efficaces», a indiqué Jay Paxton.

Dave Perry a cependant soutenu que la Défense nationale avait moins de marge de manoeuvre que par le passé en raison du changement de sa méthode de comptabilité et de sa répugnance à renoncer à certains de ses équipements tels les sous-marins.

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