Ryan Remiorz / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Sept militants de Greenpeace Canada ont été arrêtés jeudi après avoir déployé une bannière géante sur la tour du Parc olympique de Montréal en protestation contre l’implication du gouvernement du Canada dans l’élargissement de l’oléoduc Trans Mountain, dans l’ouest du Canada.

Selon le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), les quatre femmes et trois hommes, âgés de 26 à 40 ans, ont été relâchés peu avant midi sous promesse de comparaître. L’agente Caroline Chevrefils a précisé que des accusations de méfait de plus de 5000 $ et de complot seront déposées contre les activistes, qui devront respecter certaines conditions d’ici leur apparition devant le tribunal.

Vers 6h jeudi, au moins trois militants munis de câbles et de harnais ont été vus sur la structure, qui porte le nom de Tour de Montréal et qui, avec son angle d’inclinaison de 45 degrés, est la plus haute tour inclinée au monde. Moins d’une heure plus tard, le SPVM a érigé un périmètre de sécurité autour de la base de la tour haute de 165 mètres. Les employés qui y travaillent de même que les touristes n’y avaient pas accès. À environ 60 mètres du sol, les grimpeurs ont déroulé, vers 9h, une banderole de 10 mètres sur 25 mètres sur laquelle on pouvait lire: “Ne salissez pas notre argent” et sa traduction en anglais, de même que “Stop pipelines”.

«On est vraiment dans une situation d’urgence, a insisté la porte-parole de Greenpeace Canada, Loujain Kurdi. Les activistes sont conscients de l’urgence de la situation. C’est pour ça que d’autres activistes de Greenpeace avaient bloqué [il y a deux semaines] le navire pétrolier Serene Sea, qui transportait du pétrole provenant du pipeline de Trans Mountain. Dès que le message ne sera pas entendu, Greenpeace Canada poursuivra [ce genre d’action].»

D’après l’organisme non-gouvernemental, le gouvernement de Justin Trudeau pourrait investir dans des projets de transport en commun ou même d’accès l’eau potable, plutôt que dans une infrastructure pétrolière. Il a aussi fait valoir les investissements importants nécessaires au nettoyage à la suite d’un déversement pétrolière. Une étude parue en 2015 rapportait que Vancouver devrait débourser jusqu’à 1,2G$ en cas de fuite du pipeline de Kinder Morgan, a rapporté Mme Kurdi.

Le gouvernement du Canada a annoncé il y a quelques semaines qu’il se portait acquéreur de l’entièreté du controversé projet d’oléoduc, pour 4,5G$. L’accroissement de la capacité de l’oléoduc actuel de Kinder Morgan devrait permettre de tripler l’acheminement quotidien de pétrole lourd de l’Alberta vers le port de Vancouver, pour fins d’exportation vers l’étranger. Ottawa n’écartait pas la possibilité de trouver un acheteur privé, ce qui lui éviterait d’injecter 4,5G$ dans l’achat du projet de Trans Moutain. Kinder Morgan a accordé un délai, jusqu’au 22 juillet, pour trouver cet acheteur.

La décision fédérale d’acheter le projet a grandement satisfait le gouvernement de l’Alberta. Par contre, le gouvernement de la Colombie-Britannique s’oppose au projet d’élargissement, ce qui a créé d’importantes frictions entre les deux provinces.

Des Autochtones et des environnementalistes ont aussi dénoncé le projet. Une manifestation de Greenpeace Canada a d’ailleurs eu lieu à cet effet le 3 juillet dernier sur un pont de Vancouver. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait dû intervenir pour expulser les manifestants.

Greenpeace affirme que l’implication du gouvernement du Canada dans ce projet va à l’encontre de ses engagements internationaux en matière d’émissions polluantes. L’organisme réclame que les 4,5 milliards $ de fonds publics investis dans Trans Mountain soient plutôt consacrés aux mesures de transition énergétique.

Il y a deux semaines, Trans Mountain a déposé auprès de l’Office national de l’énergie (ONÉ) son échéancier des six prochains mois pour l’expansion de l’oléoduc.

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