Alessandra Tarantino Alessandra Tarantino / The Associated Press

MONTRÉAL – Une femme autochtone qui aurait accompli plusieurs miracles permettant de sauver des vies et dont le corps repose dans une réserve mohawk de la région de Montréal s’apprête à écrire une page d’histoire.

Kateri Tekakwitha, qui est également connue sous le nom de «lys des Mohawks», deviendra dimanche la première sainte autochtone d’Amérique du Nord.

Elle sera canonisée par le pape Benoît XVI lors d’une cérémonie au Vatican.

L’Amérindienne est née dans l’État de New York en 1656, avant de fuir au nord pour échapper aux persécutions religieuses.

Elle est morte en 1680 à l’âge de 24 ans.

Le corps de Kateri Tekakwitha repose dans une sépulture en marbre à l’intérieur de l’église Saint-Francis-Xavier de Kahnawake.

Environ 1500 pèlerins canadiens doivent se rendre au Vatican pour les célébrations entourant la canonisation de Kateri Tekakwitha.

«Elle était spéciale», a déclaré Ron Boyer, un diacre de la réserve de Kahnawake, située au sud de Montréal.

«Les gens venaient lui rendre visite lorsqu’elle était encore en vie, juste pour prier avec elle.»

Le processus de sa canonisation a commencé dans les années 1880 et l’Amérindienne a finalement été béatifiée en 1980 par le pape Jean-Paul II.

M. Boyer, qui a été nommé par le Vatican en 2007 pour promouvoir la candidature de Kateri Tekakwitha, assure que c’est un événement miraculeux, survenu il y a six ans, qui a confirmé la canonisation de la chrétienne.

Le miracle aurait aidé un jeune garçon de six ans, Jake Finkbonner, un membre de la tribu Lummi de Washington.

«Alors qu’il jouait au basketball, Jake a chuté et sa lèvre a été heurté par le poteau qui tient le panier en place», a raconté M. Boyer.

La jeune garçon a ensuite été très fiévreux puis transporté d’urgence à l’unité de soins intensifs d’un hôpital de Seattle.

«Il était atteint de la bactérie mangeuse de chair, a ajouté M. Boyer. L’infection a commencé à la lèvre puis s’est attaqué en même temps à œil et au cerveau de Jake.»

La soeur Kateri Mitchell, une Mohawk de la réserve Akwesasne qui visitait la région, a tout de suite été convoquée par la famille du gamin, a indiqué M. Boyer.

«Elle avait une relique de Kateri (Tekakwitha) que les parents ont posée sur la poitrine de leur fils. Ils ont commencé à prier et l’infection a cessé de se propager puis s’est dissipée.»

Jake Finkbonner devrait prendre part à la cérémonie de canonisation, dimanche à Rome, avec d’autres membres des communautés des Premières Nations.

L’archevêque de Toronto, Thomas Cardinal Collins, sera parmi les 17 évêques qui feront le voyage. Le président de la Chambre des communes, Andrew Scheer, sera également présent.

M. Boyer affirme que la future sainte était une enfant en bonne santé. Une épidémie de variole aurait dévasté sa communauté d’origine à Albany, dans l’état de New York, lorsqu’elle n’avait que quatre ans.

Son père, sa mère et son frère cadet ont tous été emportés par la maladie. La variole aurait laissé Kateri Tekakwitha pratiquement aveugle.

Le porte-parole du Conseil des Mohawks de Kahnawake, Joe Delaronde, a déclaré que sa communauté et les Mohawks de la réserve d’Akwesasne, située à la frontière entre l’Ontario et le Québec, suivaient le processus de canonisation depuis un long moment déjà.

«Le processus de canonisation est devenu plus concret à la fin des années 30 et 40», a-t-il dit.

M. Delaronde croit que le fait de donner le titre de sainte à la célèbre Amérindienne envoie un message important.

«Ce geste démontre qu’une personne de notre peuple peut aussi recevoir cette grande distinction», a-t-il affirmé.

M. Delaronde estime que la cérémonie aura un autre avantage important: cela permettra aux autochtones et aux non-autochtones de se rapprocher.

«Ce dimanche, tout le monde suivra l’événement. C’est quelque chose d’unique et c’est quelque chose qui, je pense, améliorera les rapports des gens entre eux.»

Aussi dans National :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!