Oded Balilty Oded Balilty / The Associated Press

MONTRÉAL – Le cardinal Jean-Claude Turcotte s’envolera vers Rome avec la confiance que le conclave auquel il participera choisira le bon homme pour succéder au pape Benoît XVI, qui a annoncé sa retraite.

Mgr Turcotte, qui en sera à son deuxième conclave, a rencontré les médias mardi matin à l’archevêché de Montréal à quelques heures de son départ.

Interrogé sur la possibilité que le cardinal Marc Ouellet devienne pape, Jean-Claude Turcotte a reconnu que ses origines suscitaient un intérêt particulier.

«Je suis comme tous les Québécois, a-t-il dit. On éprouverait une fierté d’avoir un des nôtres qui serait à la tête de l’Église.»

Mgr Turcotte, qui a évoqué les qualités et la grande spiritualité du cardinal Ouellet, a rappelé que son collègue jouit d’une réputation internationale bien établie, ayant été responsable de la nomination des évêques depuis quelques années.

«C’est sûr que c’est un candidat sérieux. Est-ce que ce sera lui? Laissons ça à l’Esprit saint», a-t-il conclu.

Le cardinal Turcotte est cependant demeuré extrêmement discret sur ses propres intentions de vote, rappelant au passage qu’il est strictement interdit aux cardinaux, sous peine d’excommunication, de faire campagne. Il a ajouté, toutefois, que ceux-ci se connaissent bien entre eux.

Levant le voile sur certains détails du processus, Jean-Claude Turcotte a précisé que les cardinaux discuteront certainement entre eux des problèmes de l’Église durant le conclave.

«Il me semble évident qu’actuellement, un des problèmes qu’on devra considérer c’est la question de la diminution du clergé, particulièrement en Europe et en Amérique du Nord. C’est certain aussi que certains scandales qui ont eu lieu, qui sont absolument inacceptables, devront être corrigés», a précisé le cardinal à la retraite.

Bien qu’il lui répugne de parler d’une mouvance de gauche ou de droite, il est clair, selon lui, qu’il y aura des tensions dans les discussions entre les tenants d’un conservatisme plus rigide et ceux qui ont une approche plus sociale et progressiste.

Ses propos à l’approche du conclave laissent entendre qu’il penche davantage vers une certaine ouverture à la modernité, même s’il demeure fidèle aux enseignements de la religion catholique et rappelle que l’Église ne changera pas ses dogmes fondamentaux.

«L’Église a à transmettre un message qu’elle n’invente pas. On ne fait pas un sondage à toutes les semaines pour savoir ce que les gens pensent, pour leur dire quoi faire», a-t-il précisé.

«On a un message et dans ce message il y a un certain nombre de principes qui vont être difficiles à changer. Ceci étant dit, il y a des attitudes peut-être durcies qui ont été prises au cours des siècles qu’on devra peut-être adoucir.»

Il n’est d’ailleurs pas impossible, selon Mgr Turcotte, que, pour la première fois, le pape provienne d’un autre continent que l’Europe. Outre le cardinal Ouellet, Mgr Turcotte a indiqué que le conclave réunit aussi des candidats potentiels de très grande envergure en provenance d’Amérique latine et d’Afrique.

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