Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne Thomas Mulcair

OTTAWA – Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a dû présenter ses excuses après avoir franchi sans s’arrêter un point de contrôle sur la colline parlementaire, jeudi, et sans plus tard s’immobiliser, semble-t-il, avant que des agents de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ne le rattrapent.

Dans une courte déclaration transmise par voie de communiqué, le NPD a souligné à répétition que l’incident était un «malentendu» et que l’agent qui gardait l’entrée n’avait pas reconnu M. Mulcair.

Après ce que le NPD qualifie de «discussion respectueuse» avec le policier, M. Mulcair s’est excusé et n’a fait l’objet d’aucune sanction — pas même un avertissement.

La politesse a cependant ensuite cédé le pas aux attaques partisanes aux Communes. Les conservateurs s’en sont rapidement pris à M. Mulcair, non seulement pour le tourner en ridicule, mais aussi pour utiliser l’incident comme arme politique — le ministre du Patrimoine canadien, James Moore, allant jusqu’à dire que toute cette affaire démontre que M. Mulcair «n’a pas le tempérament pour être premier ministre du Canada».

Les déclarations et les réponses des troupes conservatrices lors de la période de questions de la Chambre des communes ont été émaillées de références à M. Mulcair et d’allusions à son présumé côté soupe-au-lait.

Quant au principal intéressé, il n’était pas présent en Chambre lors de la période de questions.

«J’aimerais répondre à la vraie question du chef du NPD pour aujourd’hui, a dit M. Moore, qui semblait très heureux de décrire l’incident dans une Chambre agitée. Il a posé la question: « Savez-vous qui je suis? ».

«En fait, nous savons qui est le chef du NPD: il a brûlé cinq panneaux d’arrêt, selon ce qui est rapporté. Il a refusé de s’arrêter à la demande de la GRC. Et lorsque l’agente de la GRC lui a finalement demandé des comptes, il lui a dit: « Savez-vous qui je suis? ».»

Au dire de la députée conservatrice Candice Bergen, l’incident démontre «l’absence totale de jugement de M. Mulcair».

L’affaire a été utilisée comme bouclier lorsqu’est venu le temps de répondre aux questions à propos de l’enquête de la GRC sur le chèque de 90 000 $ donné par l’ex-chef de cabinet du premier ministre Stephen Harper au sénateur Mike Duffy, afin de rembourser ses allocations réclamées illégalement.

Le ministre Moore a ainsi répondu à une question sur Wright en décochant un direct à M. Mulcair.

«Est-ce que le chef du NPD fait l’objet d’une enquête pour avoir dépassé cinq panneaux d’arrêt? Est-ce que le chef du NPD fait l’objet d’une enquête pour ne pas avoir obéi à un agent de la GRC. Et le chef du NPD se présentera-t-il en Chambre pour s’excuser auprès des Canadiens après avoir violé la loi?», a-t-il demandé.

Il y a deux ans et demi, ce sont plutôt les conservateurs qui ont goûté à une médecine similaire, lorsque le député Pierre Poilièvre s’est attiré les foudres de la GRC après avoir franchi un point de contrôle sur la Colline parce qu’il n’avait pas le coeur à faire la file.

Ne voulant pas être laissés pour compte, jeudi, les libéraux, pince-sans-rire, ont présenté une motion pressant les Communes de reconnaître les bons services offerts par la GRC sur la colline parlementaire, mais également pour rappeler à tous les règles de sécurité routière.

La motion a été adoptée à l’unanimité.

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