OTTAWA – Des déchets nucléaires, dont le volume serait équivalent à une centaine de piscines olympiques, pourraient être ensevelis dans une enceinte souterraine près de la rivière des Outaouais, en amont de la colline parlementaire et d’environ un million de résidants de la Région de la capitale nationale.

L’emplacement du réacteur nucléaire de Chalk River, à environ 160 kilomètres au nord-ouest d’Ottawa, est dans la mire du gouvernement fédéral et pourrait servir de lieu d’enfouissement pour les déchets radioactifs.

Quelque 267 000 mètres cubiques de déchets nucléaires de niveaux faible et moyen sont déjà stockés dans des contenants extérieurs, à Chalk River, a indiqué Énergie atomique du Canada (EACL). La quantité de matériel radioactif devrait se porter à 360 000 mètres cubiques d’ici 2100. Ce serait suffisant pour remplir 106 piscines olympiques dès maintenant, contre 144 d’ici la fin du siècle.

EACL, un organisme gouvernemental, examine la possibilité de construire un énorme dépôt de déchets radioactifs pour y enfouir les résidus issus de soixante années de recherches sur l’énergie nucléaire à Chalk River. Le contenant souterrain serait formé de puits, de tunnels d’accès et de quelque 223 chambres de stockage pour les déchets radioactifs.

Un document récemment mis en ligne sur un site Web détaillant les contrats gouvernementaux révèle les grandes lignes de cette proposition.

EACL y analyse la pertinence des laboratoires Chalk River pour accueillir une installation géologique de gestion des déchets, dans le cadre du Programme des responsabilités nucléaires héritées que finance le ministère des Ressources naturelles, indique-t-on dans le document.

L’organisme a commencé à s’intéresser à l’emplacement il y a six ans déjà.

Aucune caractéristique du sous-sol rocheux de Chalk River n’a mené à une disqualification de l’emplacement pour le dépôt de déchets, ajoute-t-on dans le document.

Le groupe écologique Sentinelle Outaouais rencontre régulièrement les représentants d’EACL, afin de discuter de santé et de sécurité de la voie navigable. La directrice exécutive, Meredith Brown, a souligné qu’il y aurait toujours un certain risque de fuite de matériel radioactive dans la rivière des Outaouais.

L’endroit envisagé repose sur la zone de séismes de l’ouest du Québec, une ceinture sismique qui recouvre la vallée de l’Outaouais de Montréal jusqu’à Témiscaming, de même que les Laurentides et certaines portions de l’est ontarien.

Le document de contrat d’EACL souligne que la majorité des tremblements de terre enregistrés dans la région étaient d’un niveau très faible, atteignant entre 2 et 4,5 de magnitude sur l’échelle de Richter.

Le site Web des Ressources naturelles indique toutefois qu’il y a eu au moins trois séismes d’importance dans le secteur envisagé par EACL pour son site d’enfouissement, le plus puissant étant survenu en 1935, avec 6,2 sur l’échelle de Richter.

Dans un communiqué envoyé par courriel, la société de la Couronne précise qu’aucune décision ne sera prise avant qu’une évaluation environnementale complète et des consultations publiques ne soient effectuées.

Aussi dans National:

blog comments powered by Disqus