Deux personnes sur cinq qui se suicident au Québec ont plus de 50 ans, révèle l'Institut national de santé publique du Québec.

L’Associa­tion québécoise des retraités des secteurs public et parapublic (AQRP) profite de la Semaine de prévention du suicide, se tenant jusqu’à samedi, pour lancer un appel au gouvernement : sensibiliser la population au suicide des 50 ans et plus.

«C’est encore un sujet méconnu et tabou, affirme la présidente de l’AQRP, Madelaine Michaud. Une campagne de sensibilisation permettrait d’informer la population sur les signes de détresse des aînés pour ainsi diminuer le taux de suicide.»

Au Québec, deux person­nes sur cinq qui s’enlèvent la vie ont plus de 50 ans, selon l’Institut national de santé publique du Québec. Ce taux de suicide ne fait que s’accroître, passant de 27,2 % en 1999 à 39,9 % en 2006.

Le gouvernement financera un programme de prévention élaboré par l’AQRP à hauteur de 400 000 $. L’aide financière servira, entre autres, à former des travailleurs sentinelles qui cibleront et soutiendront les suicidaires de 50 à 65 ans.

Un problème inquiétant
«C’est un problème très inquiétant puisque la population est vieillissante», croit la présidente de l’AQRP. Chez les 65 ans et plus, le taux de décès par suicide pourrait augmenter de 248 % d’ici 2043, selon les centres de vieillissement des universités de Sherbrooke et de Montréal.

«Le gouvernement ne peut pas se substituer aux familles et aux organismes, mais il peut les soutenir», explique la ministre responsable des aînés, Marguerite Blais. À cet égard, Québec s’est engagé à investir 2,2 G$ depuis 2007 pour améliorer la condition de vie des aînés.

La parole à Bruno Marchand,
directeur de l’Association québécoise de prévention du suicide

Est-ce que le suicide chez les 50 ans et plus est préoccupant?
Oui, mais ça l’est tout autant pour les autres groupes d’âge. Il ne faut pas oublier que 60 % des gens qui se suicident sont dans la catégorie des 20-49 ans.

Est-ce que le rôle du gouvernement est important?
Il doit fournir le financement pour les organismes et les campagnes de prévention. Toutefois, nous devons arrêter d’attendre une solution gouvernementale. Le problème appartient à la collectivité. Nous sommes tous touchés par le suicide. Au­jour­­d’hui, les résultats du dernier rapport sur la mortalité par suicide seront dévoilés par l’Institut national de santé publique du Québec.

À quoi vous attendez-vous?
On s’attend et l’on espère que le suicide aura régressé, comme c’est le cas depuis 1999. Ce qui nous rassure, c’est de voir que le nombre de suicides n’augmente pas.

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