Pierre Côté a créé l'indice relatif du bonheur en 2006.

En 2006, Pierre Côté s’est donné pour mission de rendre au bonheur ses lettres de noblesse. Par l’intermédiaire de l’Indice relatif du bonheur (IRB) et de ses diverses enquêtes, il tente de renseigner la population sur les facteurs reliés au bonheur et «faire du bonheur une valeur qui compte». Plus de 40 000 Québécois, au cours de 20 enquêtes comportant 500 questions, ont déjà été sondés par le consultant en marketing et communication. Avec ces données, Pierre Côté peut maintenant se targuer d’être un expert en bonheur. Métro s’est entretenu avec lui.

Qu’est-ce qui vous a poussé à créer l’Indice relatif du bonheur?
La mission de l’IRB, c’est d’apporter de l’information, de permettre de voir comment le bonheur s’exprime, de faire en sorte que le bonheur soit une variable qui compte et une variable qu’on va utiliser et être capable de mettre en relation avec d’autres variables pour porter un jugement global sur une société.
 
Le bonheur est un concept abstrait et subjectif. Comment l’évaluez-vous?
On fait des croisements, des corrélations entre les 23 facteurs d’influence. Ce qui est fantastique, c’est qu’on est arrivé à faire des liens forts entre les facteurs d’influence et à les pondérer. Mais le plus important, dans nos sondages, c’est
l’autoévaluation. On demande aux gens de s’évaluer selon leur propre définition du bonheur. La seule façon de connaître le niveau de bonheur de quelqu’un, c’est de le lui demander.

Est-ce qu’il y a un facteur qui influence plus le bonheur qu’un autre?
Le premier facteur en importance est le sentiment d’accomplissement, de satisfaction. C’est-à-dire le sentiment d’avoir réussi sa vie ou pas. Ce facteur est de loin le premier, avant même la santé. Parce que, si tu n’es pas content de toi, ça influence tous les autres aspects de ta vie.

Dans le contexte de crise économique actuelle, est-ce que le bonheur des gens est ou sera affecté?
Oui. Selon nos chiffres, 29 % des gens croient que la crise économique affectera négativement leur bonheur. Statistiquement, c’est énorme, 29 %, ça représente près d’un tiers de la population. C’est rare qu’il y ait un élément dans la société qui ait un impact aussi fort sur le niveau de bonheur collectif.

Est-ce que les gens sont plus heureux aujourd’hui qu’avant?
Je crois que les gens ne sont ni plus ni moins heureux aujourd’hui, mais plus de la moitié des Québécois (51 %) considèrent que la société moderne dans laquelle nous vivons rend plus difficile l’atteinte du bonheur. Et l’avenir est envisagé avec encore plus de perplexité. Les gens ne sont pas très optimistes face à l’avenir. À peine 27 % croit que la société de demain sera meilleure que celle d’aujourd’hui.

Sommes-nous tous égaux devant le bonheur?
Non. Le bonheur est une question d’attitude. Il y a des gens qui ont une meilleure attitude face au bonheur que d’autres. C’est pourquoi des gens qui ont des conditions de vie difficiles peuvent être très heureux, alors que d’autres qui ont des conditions faciles soit très malheureux. Tout dépend aussi des attentes. Un des problèmes, qui fait en sorte que les gens sont malheureux, c’est l’attente, la vie dont tu rêves, avec des objectifs inatteignables. Si tu compares toujours ta vie rêvée avec ta vie réelle, tu seras toujours en rattrapage Il faut que tu sois capable de te contenter de ce que tu as, de t’en satisfaire, et ça, ça demande une grande force intérieure.

www.indicedebonheur.com

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