«Il faut réaffirmer que l'éducation est un droit», dit Réjean Parent
Des organisations syndicales Å“uvrant dans le domaine de l’éducation au Canada, aux États-Unis et au Mexique étaient réunies ce week-end à Montréal pour participer à la 9e Conférence trinationale pour la défense de l’éducation publique. Organisée par la Fédération nationale des enseignants du Québec (FNEEQ) et la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), la conférence aura permis de faire le point sur la situation de l’éducation. Métro s’est entretenu avec le président de la CSQ, Réjean Parent.
En quoi consiste la Conférence trinationale pour la défense de l’éducation publique?
La conférence est née en 1993, en réaction à l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) et au fait que des dispositions prévoyaient une libéralisation de l’éducation. Les syndicats s’étaient alors réunis pour réaffirmer que l’éducation n’est pas une marchandise.
Dix-sept ans après sa création, la conférence est-elle encore pertinente?
Les dispositions contestées n’ont finalement pas été retenues dans l’ALÉNA. Mais quand on regarde les discussions qui ont été tenues en fin de semaine, il est évident que la conférence est toujours pertinente. Partout, nous assistons à la fragilisation des institutions publiques d’enseignement. Il faut réaffirmer que l’éducation est un droit et qu’elle ne doit pas être réservée uniquement à l’élite.
Quels liens existe-t-il entre le Canada, les États-Unis et le Mexique en matière d’éducation?
Les problèmes sont semblables, notamment en matière de financement, qui est en diminution. Il y a une tendance dans les trois pays à dénigrer le système public pour ouvrir la porte au secteur privé. Nous n’avons pas tous les mêmes symptômes, mais la souche virale est la même pour les trois pays.
La Déclaration commune qui a été signée au terme de la conférence stipule que l’éducation est un droit. N’est-ce pas déjà le cas?
C’est vrai que c’est inscrit dans les chartes. Le pro-blème, c’est que nous cristallisons des concepts dans les chartes, mais que leur matérialisation tarde. En ce moment, l’éducation et les services publics sont mire du privé. La Déclaration est une prise de position en faveur de la protection de notre bien commun. Même si les chartes prévoient des droits, ça prend des hommes et des femmes pour les défendre.
La Déclaration commune
Les participants à la 9e Conférence trinationale pour la défense de l’éducation publique ont notamment jugé que :
- L’éducation est un droit et non un privilège.
- L’éducation doit être gratuite et accessible à tous.
- L’éducation doit être la responsabilité des États et non du secteur privé.
- L’éducation doit promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes, peu importe leur origine, leurs croyances et leur orientation sexuelle.