Les membres du Mouvement pour la vérité sur le 11 septembre luttent pour obtenir une nouvelle enquête indépendante qui ferait la lumière sur ce qui s’est vraiment produit le 11 septembre 2001. Richard Gage, architecte et leader du Mouvement, a déjà reçu l’appui de 1 100 architectes et ingénieurs dans ses démarches pour obtenir la tenue d’une nouvelle enquête.
Jean-François Ranger, fondateur du site World for 9/11 Truth, a pour sa part recueilli plus de 6 600 signatures pour sa pétition visant à réclamer une nouvelle enquête sur les événements du 11 septembre 2001. «Si nous obtenons une nouvelle enquête, notre mouvement grossira de façon exponentielle, prédit Richard Gage. Ce sera une révolution pacifique qui changera le gouvernement à jamais.»
Détourner l’attention
Julien Tourreille, chercheur à la Chaire Raoul-Dandurand, rejette l’idée même d’une nouvelle enquête. «Mettre sur pied une nouvelle enquête reviendrait à donner raison à ces gens, explique-t-il. La Commission sur le 11 septembre a déjà fait le travail. Une nouvelle enquête ne donnerait rien de plus. L’argument que les attentats ont fait l’objet d’une commande de l’intérieur ne tient pas du tout. Imaginez les milliers de personnes qui auraient été mises dans le secret. C’est impossible.»
Julien Tourreille craint aussi qu’une nouvelle enquête ne fasse que détourner l’attention de la population des vrais problèmes. «Ces théories du complot sont assez dangereuses parce qu’en accusant un petit groupe d’avoir trop de pouvoir, elles nourrissent une haine contre lui, indique-t-il.
Nous avons des exemples historiques frappants de ce phénomène: la lutte contre les juifs par les nazis ou l’attentat de Timothy McVeigh à Oklahoma City en 1995. Lorsqu’elles sont populaires, ces théories nuisent aussi aux discussions sérieuses sur les vrais enjeux, dont les pressions des groupes de lobby sur les décisions.»