L’attrait pour les détaillants à rabais a gagné en importance au pays au cours des deux dernières années, selon ce qu’a révélé hier une étude du groupe Colloquy. Les Québécois sont toutefois restés fidèles aux bannières bien implantées.
La crise économique qui a secoué le globe au cours des derniers mois n’est pas étrangère à la popularité grandissante des commerces dont la stratégie de vente est principalement axée sur les bas prix – Walmart et Costco, par exemple.
Puisque le Québec a été relativement épargné par les soubresauts du monde des finances, la migration des consommateurs vers les magasins à rabais ne s’est pas effectuée au même rythme que dans le reste du Canada et qu’aux États-Unis.
«La crise économique a créé énormément de changements aux États-Unis, a indiqué Ian DiTullio, directeur des services clients chez LoyaltyOne. Le taux de chômage y est très important. Les bas prix y sont devenus une nécessité, et la fréquentation des Walmart a beaucoup augmenté. Au Québec, le choc a été moins grand, les changements en terme de consommation aussi.»
Les Québécois ont ainsi continué de fréquenter des commerces aux noms bien connus et respectés tels que IGA, Jean Coutu, Sears et Canadian Tire. «Les Québécois apprécient énormément les produits de qualité, a noté M. DiTullio. C’est sûr que tout le monde veut économiser 1 $ où il peut, mais les Québécois ne sont pas prêts à sacrifier la qualité de leurs produits au profit des bas prix.»
Selon Ian DiTullio, une polarisation du marché est très probable à moyen terme. Les commerces auraient alors à choisir entre les bas prix et l’expérience de consommation de leurs clients. L’intérêt des consommateurs pour les produits de qualité pourrait permettre aux commerçants québécois de mieux tirer leur épingle du jeu.
«C’est difficile pour tout le monde de battre Walmart en ce qui concerne les prix, a-t-il expliqué. Mais Walmart n’est pas en mesure d’offrir une expérience de magasinage différente et des produits originaux à ses clients. Il y a des limites à la stratégie de Walmart.»
L’étude de Colloquy, menée auprès de 3 500 Canadiens, a été réalisée pour la première fois au pays cette année. Une nouvelle étude est attendue en 2012. Elle permettra de vérifier l’évolution des tendances des consommateurs