Un groupe d’universitaires demande à Québec de renoncer à augmenter les droits de scolarité en 2012. Dans un manifeste rendu public jeudi, la Table des partenaires universitaires revendique des universités accessibles et indépendantes. «L’éducation est un droit et non un privilège pour les mieux nantis de la société, a martelé la présidente du Conseil québécois des syndicats universitaires, Carole Neill, à dix jours du deuxième rendez-vous des partenaires en éducation au cours duquel seront discutés les prochaines hausses des droits des scolarité.
Selon les universitaires, le financement des universités doit être assuré par l’ensemble de la population puisque ces établissements représentent l’avenir de la société. Ils ont déploré qu’au cours des dernières années, une part grandissante du financement universitaire a été consacrée à la hausse de la masse salariale des gestionnaires, à l’entretien du parc immobilier et à des recherches appliquées qui servent l’entreprise privée.
Les représentants universitaires ont réfuté l’argument selon lequel les finances publiques sont extrêmement serrées. Des fonds peuvent être récoltés, selon eux, en haussant les impôts des entreprises privées et en luttant contre l’évasion fiscale. «Au fur et à mesure que l’État réduit sa participation, celle de la population étudiante augmente parallèlement à celle des entreprises privée», a dénoncé le président de la Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université, Max Roy.
Sous la pression du gouvernement fédéral, les universités sont réduites à former de la main d’Å“uvre et à réaliser des recherches pour l’entreprise privée faute d’argent, a rapporté M. Roy. Il a donné l’exemple d’une directive d’Ottawa selon laquelle les mémoires de maîtrise et les thèses de doctorat devaient être jugés favorablement s’ils avaient une incidence «commerciale». «Pour nous, la transmission de la connaissance et la formation du jugement critique constituent l’essentiel de la mission universitaire», a dit Mme Neill.