«Le savoir, ce n'est pas une marchandise»
Le nouveau modèle d’économie du savoir n’est pas une voix d’avenir pour les universités du Québec, selon une étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS). À deux semaines, d’une grande rencontre entre la ministre de l’Éducation et le milieu universitaire, cette étude vient jeter un pavé dans la mare.
Première salve : la commercialisation de la recher-che ne serait pas rentable pour les universités. «Selon une étude de Statistique Canada, les coûts de transaction et de gestion des brevets qui découlent de la recherche en partenariat avec le privé ont été de 51 M$ aux universités en 2008, mais les brevets ne rapportent que 53 M$», déplore Maxime Ouellet, co-auteur du rapport intitulé La gouvernance des universités dans l’économie du savoir. «Le coût de la recherche est assumé par les universités et les profits engrangés par les entreprises. On peut parler de détournement», ajoute-t-il.
Deuxième salve : il n’y aurait pas de sous financement des universités, mais plutôt un «mal financement», d’après l’étude de l’IRIS , qui fait remarquer que «les revenus des universités ont augmenté de 71 % entre 1997 et 2005 (pour atteindre 4,1 G$) alors que les effectifs étudiants ont augmenté de 18 %.
D’après Éric Martin, second coauteur de l’étude, la Conférence des recteur (CREPUQ) manipule les chiffres du sous financement (estimé à 500 M$) en les calculant à partir d’une comparaison avec les autres universités canadiennes. La CREPUQ n’a pas souhaité commenter l’étude et il n’a pas été possible de parler à la ministre de l’Éducation.