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Petite histoire d'un baby-boom

Entre 2002 et 2008, le Québec a connu une hausse des naissances de 21 %. Aussi, 2010 risque d’être la 7e année consécutive à enregistrer une augmentation de la natalité. Malgré cela, l’indice synthétique de fécondité, soit le nombre d’enfants par femme,  n’a augmenté que de 0,25 depuis 2002 et il est encore loin du seuil de renouvellement des générations d’environ 2 en­fants par femme.

«On a des raisons d’être content de cette progression et je ne pense pas que ça va s’arrêter trop vite», croit Solène Lardoux, professeur en démographie de l’Université de Montréal. Au-delà des chiffres, quelles circonstances ont amené cette légère hausse du taux de natalité, qui n’était ni prévue ni calculée?

Sur un plan purement démographique, Mme Lardoux parle d’une superposition de deux générations de femmes qui ont des enfants en même temps pour expliquer cette hausse des naissances. «Les femmes aujour­d’hui dans la trentaine ont attendu avant d’avoir leur premier enfant et d’autres en ont fait un deuxième. Ce retard de la première naissance, dû aux études, au travail ou aux conditions économiques, semble avoir eu un effet», dit-elle.

Pour Francine Descarries, professeure au département de sociologie de l’UQAM et à l’Institut de recherches et d’études féminines, ce sont à la fois des facteurs d’ordre institutionnels et des facteurs culturels qui ont préparé le terrain à toutes ces grossesses.  «En fait, ce qui est intéressant, c’est qu’on observe une situation où se mélangent des mesures progressistes et des idées un peu plus conservatrices de la famille et de la maternité, explique-t-elle.

Cette haus­se du taux de natalité doit être mise en corrélation avec l’établissement des garderies à 7 $, la prolongation du congé de parentalité et l’établissement du congé de paternité. Mais depuis la dernière décennie, il y a un mouvement de con­servatisme dans la société nord-américaine et le retour d’un discours vraiment idéologique sur la maternité, deux facteurs qui pourraient aussi être incitatifs.» Ce vent de conservatisme ne rassure pas Mme Descarries, qui croit que cela pourrait nuire aux acquis des femmes des dernières décennies, notamment la séparation de leur identité de femme de celle de mère.

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