Les joueurs en ligne ne représenteraient que 1,4 % des adultes au Québec, selon une étude sur la prévalence des jeux de hasard et d’argent au Québec, publiée mercredi par l’Université Concordia. La Direction de la santé publique (DSP) de Montréal s’inquiète cependant du fait que plusieurs de ces joueurs sont jeunes. «Ça a été une surprise de constater que les 18-24 ans représentaient une bonne proportion des joueurs en ligne, a affirmé Jean-François Biron, chercheur à la DSP de Montréal. C’est une grande préoccupation en ce moment.»

Cette crainte s’explique par deux phénomènes notés par les chercheures Sylvia Kairouz, directrice du Laboratoire de recherche sur les habitudes de vie et les dépendances de l’Université Concordia, et Louise Nadeau, directrice scientifique du Centre Dollard-Cormier, Institut universitaire sur les dépendances. Les données compilées ont permis de constater que «les joueurs en ligne sont plus susceptibles de faire usage du cannabis (32,9 % contre 11,3 %), d’avoir un mode de consommation d’alcool problématique (36,9 % contre 11,8 %) et de présenter une dépendance  à l’alcool (21,3 % contre 4,6 %)».

La moyenne annuelle des dépenses des joueurs en ligne est aussi beaucoup plus élevée que celle des autres joueurs. Les joueurs en ligne ont dépensé en moyenne 9 903 $ en un an pour des jeux d’argent et de hasard. Les joueurs qui n’ont pas joué en ligne n’ont dépensé que de 527 $ en moyenne pour la même période. Les chercheures et la DSP ont réclamé des interventions mieux intégrées, qui tiendraient compte de l’ensemble des problèmes liés aux jeux de hasard, dont les problèmes d’alcool, la dépression et l’anxiété.

«Il faut que les chercheurs et les institutions clés travaillent main dans la main, a indiqué Sylvia Kairouz. Il faut aussi mieux cibler les interventions. Les joueurs à risque et les joueurs pathologiques n’ont pas les mêmes besoins et ne vivent pas les mêmes réalités. On ne peut pas avoir les mêmes stratégies pour tous les groupes.» Selon les données présentées mercredi, 1,3 % des adultes québécois sont à risque de développer un problème de jeu alors que 0,7 % d’entre eux, soit quelque 41 000 personnes, sont des joueurs pathologiques.

Le poker demeure un jeu de chance
L’étude de l’Université Concordia sur la prévence des jeux de hasard et d’argent a été publiée moins de 48 heures après la victoire du Québécois Jonathan Duhamel au championnat du monde de poker. La directrice scientifique du Centre Dollard-Cormier, Louise Nadeau, a tenu à rappeler de quoi le poker est réellement fait. «Jonathan Duhamel laisse entendre que le poker était un jeu de compétence, d’intelligence et de ruse, a indiqué Mme Nadeau. Mais c’est aussi un jeu de chance.» La chercheure a tenu à rappeler aux joueurs l’importance de se fixer des limites d’argent, de temps et de fréquence.

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