Les écoles privées sont prêtes à accueillir davantage d’élèves handicapés ou en difficulté d’apprentissage, mais pas à n’importe quel prix. Le réseau des écoles privées est très ouvert à l’idée d’accueillir plus d’élèves en difficulté, mais ça prend des ressources, selon le président de la Fédération des établissements d’enseignement privés (FEEP), Jean-Marc Saint-Jacques, au lendemain de la première rencontre des partenaires de l’éducation.
La ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, a décidé lors de ce premier échange que les écoles privées devraient faire leur part, en prenant en charge un plus grand nombre d’élèves handicapés, ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (HDAA). Si davantage d’élèves vulnérables fréquentent des écoles privées, le financement de ces dernières devra être repensé. Actuellement, les subventions publiques que reçoivent les écoles privées couvrent les services offerts en classe. «Pour tous les services hors classe, nous ne recevons aucun financement, a précisé le président de la FEEP. Il nous faut trouver des mécanismes pour financer ces services».
Les écoles privées pouvant intégrer les élèves HDAA devront aussi être ciblées. Pas question, selon Jean-Marc Saint-Jacques, de les envoyer dans les écoles qui misent sur l’excellence et la performance. «Comme on ne pense pas les envoyer dans les écoles internationales du secteur public, a-t-il indiqué. Envoyer des élève HDAA dans une école dont le projet éducatif vise l’excellence ne les aidera pas».
Les permis d’enseignement des écoles privées devront aussi être modifiés. Ces établissements ne peuvent pas recevoir des élèves HDAA en vertu de ces permis. «[La modification de nos permis] nous a toujours été refusée à cause de la politique d’adaptation scolaire qui visait une plus grande intégration dans des classes régulières et à maintenir les écoles en adaptation scolaire», explique M. Saint-Jacques. La ministre Beauchamp dévoilera d’ici le mois de juin son plan pour mieux intégrer les élèves en difficulté dans les écoles privées.
Pas tous d’accord
La Fédération des commissions scolaires du Québec juge «intéressante» l’idée de la ministre Beauchamp d’envoyer davantage d’élèves HDAA dans les écoles privées. «Mais il ne faut pas que le secteur public se retrouve perdant», a dit sa présidente, Josée Bouchard. L’intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières des écoles privées est «peu réaliste», avance de son côté la Fédération autonome de l’enseignement, qui représente près de 27 000 enseignants du Québec.
«Je vois mal comment les parents qui envoient leur enfant à l’école privée accepteraient de payer un certain montant et de ne pas recevoir le même niveau de service», a fait valoir le président de la FAE, Pierre Saint-Germain.Il croit qu’il faut plutôt repenser complètement l’intégration des élèves HDAA dans les classes régulières.