Selon l'AQPLA, une étude sur l'impact de la production gazière sur la qualité de l'air au Québec prendrait de 12 à 18 mois.

L’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA) déplore l’absence d’information sur l’impact des puits de gaz de schiste sur la qualité de l’air au Québec. «Le ministère des Ressources naturelles et de la Faune n’a ni énuméré, ni quantifié, ni qualifié la pollution atmosphérique [qu'engendrera] la production gazière au Québec», a affirmé jeudi le président de l’AQLPQ, André Bélisle. Selon lui, une telle étude réalisée au Québec prendrait de 12 à 18 mois et elle nécessiterait la reconstruction du réseau de surveillance sur la qualité de l’air. «On insiste pour dire qu’on a absolument besoin d’un moratoire, a ajouté M. Bélisle. Il faut savoir tout de tout dans ces questions avant d’aller de l’avant»

Une récente étude effectuée à Haynesville, aux États-Unis, a démontré que l’exploitation de 1570 puits de gaz de schiste en 2012 entraînerait l’émanation de 60 tonnes d’oxyde d’azote par jour. Cet irritant pulmonaire, qui se transforme en ozone, a pour effet de ralentir la croissance des végétaux et de susciter une recrudescence des troubles respiratoires et des maladies du cÅ“ur.

Au Québec, environ 10 000 personnes éprouvent à chaque année des troubles respiratoires et 2000 autres en meurent, selon l’Institut de la santé publique du Québec. «Si on ajoute plus de polluants, c’est clair qu’on va ajouter plus de monde dans les cimetières et les urgences», a dit André Bélisle.

L’AQLPQ croit aussi que les réglementations qui encadreront l’exploitation des gaz de schiste doivent être bonifiées, car selon l’organisme, elles sont désuètes et inadaptées. Un projet de règlementation sur l’assainissement de l’atmosphère, qui est sur la tablette depuis plusieurs années, devrai,t entre autres, être adopté par Québec.

Une étude sur les impacts

Le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs a mandaté un groupe de chercheurs de l’École Polytechnique de Montréal pour analyser le profil environnemental de l’industrie des gaz de schiste. Cette étude, qui sera déposée au cours de la prochaine année, aidera le gouvernement à rédiger son Plan d’action de lutte contre les changements climatiques 2013-2019. Au cabinet du ministre Pierre Arcand, on affirme que l’impact de l’industrie des gaz de schiste sur l’environnement sera ainsi connu avant le début de son exploitation commerciale prévue en 2014.

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