L’augmentation de la taxation des cigarettes n’incite pas tous les fumeurs à rompre avec leur habitude. Une étude menée par deux économistes de l’Université Concordia et rapportée dans l’International Journal of Environmental Research and Public Health montre qu’à long terme, seuls les moins nantis et les représentants de la classe moyenne ont tendance à arrêter de fumer quand il y a majoration des taxes sur le tabac. Par contre, une telle mesure ne suffit pas à persuader les gens âgés de 25 à 44 ans ou les mieux nantis à bannir la cigarette.

«Nous avons découvert que les personnes entre deux âges, soit le groupe de fumeurs le plus important de notre échantillon, se montrent particulièrement insensibles aux hausses de taxes sur les cigarettes. Cette conclusion contredit la plupart des recherches effectuées jusqu’à présent», affirme Sunday Azagba, auteur principal de l’étude. «La taxation est préconisée par les décideurs comme principale mesure antitabac. Cependant, son efficacité dépend largement de la réaction des fumeurs.»

Selon une théorie généralement admise par les décideurs, plus le prix des cigarettes est élevé, plus les fumeurs cibles, les élèves du secondaire notamment, réduisent leur consommation de tabac. «Dans l’ensemble, les fumeurs des groupes socioéconomiques les plus faibles se révèlent plus sensibles au prix que ceux des classes aisées», explique Mesbah Sharaf, coauteur de la recherche. «Ainsi, une hausse de 10% du paquet de cigarettes sous forme de taxes entraîne une diminution d’environ 2,3% du tabagisme.»

Par ailleurs, les chercheurs ont constaté que les personnes qui ont effectué des études postsecondaires ont moins tendance à fumer que celles qui n’ont pas terminé le secondaire.

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