Françoise David

S’il était élu à la tête du gouvernement, Québec solidaire (QS) tiendrait un référendum sur l’indépendance du Québec dès son premier mandat.

Mais aux yeux du parti, ce projet est indissociable d’un projet social et environnemental. Françoise David, co-porte-
parole de Québec solidaire, aura l’occasion d’approfondir sa pensée à l’occasion de la tournée d’assemblées publiques «Pour un pays de projets», qui s’arrête aujourd’hui à Montréal. Métro s’est entretenu avec elle.

Pensez-vous que les Québécois ont encore envie d’entendre parler d’indépendance?
Durant le mois de février, j’organise des assemblées citoyennes dans ma circonscription [Gouin], et une des questions régulièrement posées concerne l’indépendance. si, au Québec, il y a encore 4 personnes sur 10 qui se disent souverainistes alors que justement on n’en parle pas beaucoup, c’est quand même énorme. Ça veut qu’il y a de la place pour en parler.

Pourquoi l’indépendance est-elle toujours d’actualité?
On ne fait pas l’indépendance du Québec parce que ça va bien ou moins bien sur le plan économique. Il y a aussi la question de la protection de la langue et de la culture québécoises, et surtout, celle d’avoir la possibilité de prendre nos décisions. On est obligés d’accepter les décisions d’un gouvernement [fédéral], décisions qui ne font pas notre affaire.

Votre projet social et environnemental ne risque-t-il pas d’exclure des gens de la droite?
C’est normal qu’il y ait plusieurs partis souverainistes qui abordent la question souverainiste de manière différente. À QS, les gens que nous rejoignons sont souvent des personnes de gauche, écologistes, éprises d’égalité. Ces gens-là seront intéressés par la souveraineté si, justement, on est capables d’établir un lien entre souveraineté et projet social.

On sent toutefois chez QS que le projet de société prime sur la souveraineté, alors que la souveraineté est la raison d’être du PQ. Est-ce exact?
Vous avez raison pour le PQ, pour qui la souveraineté a toujours été le socle autour duquel le parti a fonctionné. Cela fait qu’il s’agit d’une sorte de coalition de gens de centre gauche et de centre droit. À QS, il n’y a pas ce genre de pyramide. Nous sommes souverainistes, de gauche et écologistes, tout cela à la fois. Il faut faire les choses en même temps, on
ne peut pas les dissocier.

Si QS élit plusieurs députés, vous pourriez vous doter d’un calendrier précis sur la question de l’indépendance?
On ne partage pas la démarche de Mme Marois, qui essaie de gruger les pouvoirs un à la fois en espérant qu’un jour la question de la souveraineté sera posée. Un gouvernement solidaire mettrait en place une assemblée citoyenne élue au suffrage universel. Ce sont ces gens qui auraient la responsabilité de produire un projet de constitution pour le Québec et de consulter la population. Au terme de cette démarche, qui peut prendre plusieurs mois, il y aurait un référendum. Un gouvernement solidaire ferait cela dès son premier mandat. Une population mobilisée, qui a l’occasion de rêver à un projet de société, c’est une population qui voudra se donner les moyens de réaliser un État souverain.

Vous n’êtes pas las de vous faire dire que vous êtes des pelleteurs de nuages?
On l’entend de moins en moins. On a fait la preuve qu’on peut être audacieux et réaliste par les propositions qu’on apporte et par les interventions de notre député à l’Assemblée nationale [Amir Khadir]. Oui, il y a des chroniqueurs qui vont dire
ça de nous, mais sur le terrain, les gens et même les journalistes sont respectueux.

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