MONTRÉAL – En raison des températures exceptionnellement douces des derniers jours, le temps des sucres est arrivé plus tôt qu’à l’accoutumée au Québec, où les acériculteurs, à l’exception de ceux de l’est de la province, ont déjà recueilli les dernières gouttes du précieux liquide.

Tout comme leurs collègues de l’Ontario, de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick, les producteurs de sirop d’érable québécois s’attendent à une année difficile.

La Fédération des producteurs acéricoles du Québec possède toutefois une réserve de sirop d’érable qui peut assurer un approvisionnement pendant trois ans.

Ses quelque 10 000 producteurs membres peuvent par ailleurs contracter une assurance leur permettant d’encaisser les contrecoups de saisons écourtées comme celle qui sévit actuellement.

«La chaleur a été intense, et elle est survenue plus tôt que prévu», a déclaré Simon Trépanier, directeur adjoint de la fédération.

«La saison a commencé deux à trois semaines plus tôt en raison de cela», a-t-il ajouté.

M. Trépanier dit avoir entendu parler de producteurs au sud-ouest de Montréal qui ont pu obtenir de 50 à 75 pour cent de leur production régulière cette saison. Il sera toutefois difficile, précise-t-il, de déterminer la quantité totale de sirop produite dans la province.

Des températures de jour au-dessus de zéro et des températures de nuit sous zéro, en fonction de la région, permettent de faire circuler la sève. Le mercure est toutefois grimpé à 20 degrés Celsius et plus récemment dans la région de Montréal et ailleurs, soit bien au-dessus des normales, poussant les érables à bourgeonner, ce qui signale la fin de la saison des sucres.

Du côté de l’Ontario, l’Association des producteurs de sirop d’érable estime que ses membres devront essuyer des pertes de plusieurs millions de dollars en raison d’une diminution de la production, qui est chiffrée à environ 50 pour cent dans certaines régions de la province.

Le président de l’organisation, Ray Bonenberg, ne s’attend cependant pas à voir les prix au détail du sirop d’érable bondir puisque ces derniers ont légèrement augmenté l’an dernier et qu’ils sont ajustés à tous les deux ans.

«Nous ne voulons pas que les consommateurs croient qu’il n’y a absolument plus de sirop d’érable, mais il y en a moins», a-t-il dit.

«Bien entendu, si la récolte est moitié moins importante, les producteurs ne recevront que la moitié des revenus», a ajouté M. Bonenberg, qui n’avait pas de chiffres précis sous la main.

Tant du côté de la Nouvelle-Écosse que du Nouveau-Brunswick, les associations acéricoles s’attendent aussi à une baisse de la production en raison des températures inhabituellement clémentes.

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