CARTAGÈNE, Colombie – Les sujets de discussions n’ont peut-être pas plu à Stephen Harper et à Barack Obama, mais l’exclusion de Cuba et la guerre contre la drogue ont dominé les échanges entre les leaders des continents américains à l’ouverture du Sommet des Amériques.

L’hôte du sommet, le président colombien Juan Manuel Santos, a livré un discours franc lors duquel il a déclaré qu’il serait «inacceptable» d’organiser un autre sommet sans que Cuba ne soit présent.

L’adhésion de Cuba à l’Organisation des États américains (OEA) a été suspendue en 1962, et seuls le Canada et les États-Unis n’ont pas fait campagne en faveur de l’inclusion de la nation communiste à la table des discussions.

Selon M. Santos, l’isolement, l’embargo, l’indifférence, le fait de regarder ailleurs ne fonctionnent pas. Pour le président colombien, cette voie n’est plus acceptable dans le monde d’aujourd’hui. Il s’agirait plutôt, dit-il, d’un anachronisme qui ramène à la Guerre froide, une guerre qui a pourtant pris fin il y a plusieurs décennies.

Le secrétaire général de l’OEA s’est lui aussi exprimé en faveur de la tolérance et du dialogue. Au dire de Jose Maria Insulza, la démocratie progresse sur les continents américains et la meilleure façon de la renforcer est de mettre fin aux pressions externes, aux impositions et à l’exclusion.

M. Santos a également déclaré qu’il était temps de mettre de côté les «dogmes» du passé, et d’avoir une discussion candide sur la guerre contre la drogue. L’homme d’État, comme bien d’autres leaders de l’Amérique Latine, réclament une analyse de la politique de prohibition actuelle en comparaison avec une possible régulation et une décriminalisation.

La région, particulièrement l’Amérique Centrale et le Mexique, a souffert de la perte de dizaines de milliers de vies dans des violences reliées à la drogue.

Le bureau du premier ministre Harper a déclaré que celui-ci n’envisageait pas de changements qui mettraient fin à la prohibition des drogues illégales.

Le point de vue latino-américain de plus en plus uni sur la question survient alors que le continent profite d’une croissance économique impressionnante dans un contexte de ralentissement mondial. Un nouveau regroupement de nations, la Communauté des pays de l’Amérique Latine et caraïbes (CELAC), comprend tous les pays des deux continents, à l’exception des États-Unis et du Canada. Le mot «égalité» revenait fréquemment, tandis que les leaders parlaient des relations dans la région.

Alors que le Sud se transforme, Stephen Harper entend bien en faire profiter le Canada. Le premier ministre profite du sommet pour présenter le Canada comme un endroit attirant pour les affaires et les investissements, ainsi que pour encourager les échanges commerciaux, particulièrement avec le Brésil, désormais la sixième plus importante économie de la planète.

M. Harper a ainsi annoncé samedi matin du financement pour une poignée d’initiatives dans les Amériques, y compris un nouveau projet «d’accès durable à l’énergie» de 9,55 millions $ sur six ans pour favoriser la planification énergétique, la réglementation et la responsabilité sociale des entreprises à travers la région.

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