Jacques Boissinot / La Presse Canadienne Robert Dutil, Martin Prudhomme, Robert Lafreniere

QUÉBEC – Après la rafle de Mascouche, l’Unité permanente anticorruption (UPAC) pourrait bientôt frapper une nouvelle fois.

L’UPAC compte en effet 17 enquêtes en cours et des accusations pourraient être portées sous peu dans quatre dossiers, a indiqué jeudi le commissaire à la lutte contre la corruption, Robert Lafrenière, en commission parlementaire.

Parmi les 17 enquêtes, 13 sont menées par l’escouade Marteau de la Sûreté du Québec et quatre sont sous la responsabilité de l’Agence du revenu du Québec, a précisé le responsable de l’UPAC.

Questionné par le député péquiste Bertrand St-Arnaud, le commissaire Lafrenière a toutefois refusé de révéler si les enquêtes en cours se limitent au monde municipal ou si elles touchent la sphère politique provinciale.

«Je n’ai pas cette donnée. Mais je reviens à la définition: nous sommes là pour enquêter tout acte répréhensible défini par notre loi, peu importe que ce soit dans le monde municipal ou dans le monde provincial», a-t-il expliqué.

Quoi qu’il en soit, de nouvelles accusations pourraient être portées bientôt puisque le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a été saisi de quatre dossiers, excluant celui de Mascouche, a souligné M. Lafrenière.

À l’occasion de l’étude des crédits du ministère de la Sécurité publique, M. Lafrenière a aussi précisé que l’UPAC comptait pour l’instant 185 employés, un nombre qui sera, à terme, porté à 202.

Pour l’heure, l’UPAC n’entend pas exiger des ressources supplémentaires.

«On va commencer comme ça. On est 200, c’est quand même significatif et à 200, on va voir selon les dossiers qui vont entrer et les capacités qu’on aura. On verra en temps et lieu», a dit le grand patron de l’unité.

L’UPAC a frappé un grand coup plus tôt cette semaine avec l’arrestation de 15 personnes, dont le magnat de la construction Tony Accurso, le maire de Mascouche, Richard Marcotte _ qui devrait être appréhendé à son retour de vacances à Cuba _ et un ex-organisateur libéral de renom, Louis-George Boudreault.

Les individus ont été arrêtés lors d’une opération de démantèlement d’un réseau de partage de contrats municipaux lucratifs sur la Rive-Nord de Montréal.

En tout, 47 chefs d’accusation ont été déposés contre les suspects, dont fraude, actes de corruption, complot, utilisation de documents contrefaits, versements de pots-de-vin, acceptation de pots-de-vin et abus de confiance.

L’opération a eu une grande répercussion médiatique et des retombées positives pour la progression des enquêtes en cours.

De fait, l’ampleur de l’intervention semble avoir convaincu des témoins de se confier aux enquêteurs.

«Ça délie des langues, ça incite les citoyens dont on a tellement besoin à nous donner de l’information, à nous rencontrer, à nous signaler des choses. C’est un impact majeur pour nous», a fait valoir M. Lafrenière.

Après avoir résisté, le ministère de la Famille semble aussi s’être résolu à collaborer avec l’UPAC qui se penche sur l’octroi controversé de places en garderie par le gouvernement libéral.

Mercredi, l’UPAC a reçu les derniers documents qu’elle désirait obtenir du ministère, a signifié M. Lafrenière.

«On a tous les documents en main. On a eu les derniers documents hier (mercredi)», a-t-il dit.

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