Yves Provencher/Métro Pour une deuxième année, Claude Legault s'est associé à la CSST pour sa campagne de sensibilisation.

Des doigts coupés, des chutes spectaculaires, une musique dramatique. Pour faire passer son message, la Commission de la santé et sécurité au travail (CSST) emploie les grands moyens.

Elle a lancé mardi sa nouvelle campagne de sensibilisation. L’an dernier les publicités abordaient surtout les accidents mortels au travail où l’on voyait un homme coincé dans les entrailles d’une machine industrielle. Cette année l’emphase est mise sur les accidents qui, sans êtres fatals, n’en détruisent pas moins des vies.

«Une campagne qui ne laissera, encore une fois, personne indifférent», peut-on lire dans le communiqué de la CSST. Chaque pub s’ouvre avec le comédien Claude Legault affirmant: «Charles n’est plus. Il n’est plus le même depuis qu’il est tombé en montant là-dessus. Sa vie a basculé. Celle de ses proches aussi».

Le téléspectateur est ensuite témoin de l’accident qui se déroule au ralenti. Si l’image ne nous épargne pas toujours le sang, les cris de douleur laissent toutefois place à une musique poignante.

L’objectif est visiblement de provoquer. «Toutes plus percutantes les unes que les autres, les trois différentes versions de la publicité télévisée se déroulent dans des milieux de travail variés», indique la CSST.

Cette stratégie n’est pas propre à la sécurité au travail. Des méfaits du tabac à la sécurité routière, les publicités provocantes sont maintenant courantes lorsque vient le temps de sensibiliser.

«Les publicités en général sont de plus en plus graphiques», indique Harold J. Simpkins professeur à la John Molson School of Business de l’Université Concordia.

«De nos jours, on est bombardés de messages publicitaires. Plus on est exposé, plus il est difficile de faire passer un message», poursuit-il. Les annonceurs tentent ainsi de contourner ce phénomène en étant moins subtils.

Le professeur ne peut dire si ce type de campagne est plus efficace, mais le fait qu’on en voit de plus en plus semble l’indiquer, croit-il.

La CSST affirme d’ailleurs avoir récidivé avec une campagne percutante en raison du succès de la campagne de 2011.

Question d’époque
Ce qui est considéré de mauvais goût change au fil du temps. M. Simpkins affirme qu’il y a encore quelques années, il était impensable de montrer des images trop choquantes de peur que les téléspectateurs changent de chaîne. Dans les années 1970 et 1980, il se rappelle avoir testé une publicité montrant les conséquences d’un accident de voiture où une personne était projetée à travers le pare-brise. «Le résultat fut horrible. Les gens ne voulaient pas voir ça, explique-t-il. On a finalement fait une pub où l’on voyait avec une citrouille s’écrasant brutalement sur une autoroute pendant qu’un narrateur rappelait l’importance de porter sa ceinture.»

Plus sensibles, les Québécois?
Si les publicités québécoises de la CSST vous choquent, ne regardez pas celles qui ont été diffusées en Ontario en 2007 (disponible sur YouTube). Dans ces publicités de la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail, on y voit notamment une femme travaillant dans une cuisine. Alors qu’elle transporte un chaudron d’eau, elle glisse sur le sol et se renverse l’eau bouillante sur le visage. La campagne avait suscité de vives réactions.


Les trois versions des publicités de la CSST 2012:


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