VANCOUVER – Une téléphoniste du 9-1-1 qui travaillait pour le Service de police de Vancouver à l’époque où les disparitions de femmes autochtones du quartier Downtown Eastside se multipliaient affirme aujourd’hui que ses supérieurs lui ont dit à plusieurs reprises qu’ils ne perdraient pas de temps et d’argent à tenter de retrouver des prostituées.

Lors de son témoignage devant la Commission d’enquête sur les femmes disparues, Rae-Lynn Dicks a déclaré lundi qu’il existait au sein des forces policières une culture de mépris face aux familles de ces femmes autochtones marginalisées qui tentaient d’obtenir de l’aide.

Lorsque les familles des disparues ne pouvaient fournir l’adresse civique de la personne qui manquait à l’appel, ses supérieurs ordonnaient à Mme Dicks de ne pas prendre leurs appels, et de «cesser d’être aussi sensible» pour des femmes que certains policiers appelaient des «déchets de la société».

L’ancienne téléphoniste a livré son témoignage aux côtés de Sandy Cameron, qui a travaillé pendant plus de deux décennies au sein de l’unité d’enquête sur les femmes disparues sans avoir reçu aucune formation.

D’après Mme Cameron, le roulement du personnel au sein de cette unité était particulièrement élevé puisqu’il s’agissait, pour les policiers, d’une façon de joindre éventuellement l’escouade des homicides. De ce fait, les dossiers étaient donc souvent négligés, a-t-elle suggéré.

La commission d’enquête sur les femmes disparues a été créée par le gouvernement de la Colombie-Britannique afin de déterminer pourquoi les policiers ont mis si longtemps avant de pouvoir arrêter le tueur en série Robert Pickton, qui traquait et assassinait des femmes sur sa ferme de Port Coquitlam.

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