Graham Hughes Student Demo;. Graham Hughes / La Presse Canadienne

QUÉBEC – Les délégués de la Coalition large de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) ont rejeté à l’unanimité les offres déposées par le gouvernement pour résoudre la crise liée à l’augmentation des droits de scolarité.

La CLASSE en a fait l’annonce sur son compte Twitter, dimanche. Les délégués se sont prononcés dans le cadre d’un congrès à Québec.

Selon le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, les représentants d’associations étudiantes ont jugé les offres «insultantes».

«Les association étudiantes n’ont pas été en grève pendant 11 semaines pour hériter d’une hausse des frais de scolarité supérieure», a expliqué M. Nadeau-Dubois.

La prochaine étape, selon l’étudiant, est le retour dans la rue pour poursuivre la mobilisation.

«C’est ce qui nous a fait obtenir une première table de négociations et c’est ce qui va nous faire gagner contre ce gouvernement-là.»

Les fédérations étudiantes collégiale et universitaire ne se sont pas encore prononcées, mais leurs dirigeants respectifs ont affirmé qu’ils doutaient que leurs membres n’acceptent les offres.

La FEUQ pourrait révéler sa position dès lundi, tandis que la FECQ consultera ses membres au cours de la semaine prochaine.

Vendredi, le gouvernement a proposé d’étaler sur sept ans plutôt que cinq la hausse prévue. Il a aussi annoncé la bonification du régime de prêts. Il tentait ainsi de mettre un terme à la contestation étudiante, qui entre dans sa onzième semaine.

Par ailleurs, la CLASSE pourrait se doter d’un troisième porte-parole auprès des médias, un candidat ayant fait part de sa volonté de se joindre à Gabriel Nadeau-Dubois et Jeanne Reynolds.

Le vote se tiendra dimanche, probablement en début de soirée.

M. Nadeau-Dubois assuré qu’il ne s’agissait pas d’une contestation à son endroit, même si des membres de la CLASSE auraient déploré sa façon de faire.

La semaine dernière, la ministre de l’Éducation Line Beauchamp et le ministre de la Sécurité publique Robert Dutil s’en sont pris directement à Gabriel Nadeau-Dubois. Ils lui ont reproché son incapacité à lancer un appel au calme ou à condamner la violence de façon claire.

Pour le principal intéressé, il s’agit là d’une stratégie libérale plutôt douteuse.

«Je trouve ça assez bas, pour un gouvernement, que de s’attaquer comme ça à individu pour masquer, en fait, son manque de sens des responsabilités.»

M. Nadeau-Dubois a ajouté que sa crédibilité n’est pas remise en question au sein de la CLASSE, les délégués ayant même refusé de tenir un vote de confiance à son endroit.

Il croit que les attaques dirigées vers lui visent plutôt l’ensemble de la CLASSE et des idées qu’elle défend.

«On dérange, nos idées bousculent certaines certitudes. C’est peut-être parce qu’on vient faire tache d’huile sur la paysage politique et médiatique, et je pense que ça, c’est tout à notre honneur.»

De nouveaux rassemblements
Par ailleurs, le mouvement de marches de protestations s’est poursuivi dimanche, d’abord à Québec, en après-midi, où entre 600 et 700 personnes ont pris part à une manifestation «bruyante», selon divers rapports, mais qui n’a mené à aucun incident ni arrestation.

Puis en soirée, Montréal a été le site d’un sixième rassemblement nocturne consécutif. Sur une page Facebook intitulée «Torpinouche de grosse manif Dimanche soir Round VI», quelque 1900 personnes avaient manifesté leur intention d’y participer.

Mais selon divers messages transmis sur Twitter, environ 1000 personnes s’étaient réunies à la Place Émilie-Gamelin lorsque cette autre marche s’est amorcée, vers 20 h 45. Le groupe a toutefois grossi, selon divers messages Twitter, au point de réunir environ 2000 marcheurs environ une heure après le début de la manifestation, et même 3000 autour de 22h30, selon d’autres informations affichées sur le site de micro-blogage.

À l’instar de celui de la veille, le rassemblement de dimanche soir s’est déroulé dans la bonne humeur, bien que les participants étaient relativement bruyants, et à 23h30, les autorités policières n’avaient rapporté aucun acte de vandalisme ni arrestation.

La deuxième heure de la manifestation a eu lieu au moment même où l’on présentait, au petit écran, l’entrevue accordée par les trois principaux représentants des associations étudiantes dans le cadre de l’émission Tout le monde en parle, à Radio-Canada. L’entrevue avait été pré-enregistrée jeudi.

Aussi dans National:

blog comments powered by Disqus