Chantal Lévesque/monscoop@journalmetro.com

MONTRÉAL – Pour un septième soir d’affilée, des milliers de personnes ont marché dans les rues du centre-ville de Montréal pour protester contre la hausse des frais de scolarité, lundi.

Quelques centaines de manifestants ont aussi déambulé dans les rues de Québec en soirée, à l’invitation du quatrième regroupement national, la Table de concertation étudiante du Québec. Ils ont terminé leur marche devant l’Assemblée nationale. Une deuxième marche comptant environ 150 personnes s’est amorcée vers 22h30, toujours devant le Parlement.

Quelque 200 personnes ont également manifesté de façon spontanée à Sherbrooke afin de protester contre l’arrestation d’étudiants devant le cégep de Sherbrooke, plus tôt dans la journée.

Nouveauté à Montréal: deux manifestations, et non une seule, se sont mises en branle vers 21h00 au lieu de rassemblement habituel, le parc Émilie-Gamelin. La première, organisée par l’entremise d’une page Facebook intitulée «Cr.. de gros carnaval nocturne lundi soir round VII (manif déguisée)», s’est dirigée vers l’ouest par le boulevard René-Lévesque. Cette manifestation se déroulait sous le thème du carnaval où les participants étaient invités à porter masques et costumes pour protester contre ce que les organisateurs considèrent du profilage. Peu de gens avaient toutefois répondu à l’invitation de se déguiser.

La seconde, moins imposante, plus silencieuse, s’est également dirigée vers l’ouest mais les manifestants, parmi lesquels plusieurs portaient un flambeau, ont emprunté le boulevard de Maisonneuve avant de bifurquer sur la rue Saint-Denis. Ils se sont ensuite assis à l’intersection des rues Saint-Denis et Sainte-Catherine en pointant leur flambeau vers le ciel.

Les deux groupes ont fini par se rejoindre.

La foule était assez imposante. Alors que le début de la marche atteignait l’intersection Sainte-Catherine et Saint-Laurent, la queue de la marche n’avait pas encore franchi l’intersection Sainte-Catherine et de Bleury.

Comme à l’accoutumée, des policiers casqués ont accompagné les manifestants, parfois sous les huées de la foule.

À 22h, le Service de police de Montréal n’avait rapporté que des incidents mineurs, surtout le déclenchement de tirs pyrotechniques. Mais vers 22h10, des heurts se sont déroulés entre certains manifestants et des policiers alors que les premiers voulaient que les représentants des forces de l’ordre cessent de les accompagner.

Des projectiles ont été lancés vers les policiers, notamment des sacs de vidange, et la police parlait aussi de balles de golf et de bouteilles de bière. Personne n’aurait été blessé.

Des manifestants ont semblé avoir l’ambition de se rendre sur le pont Jacques-Cartier ou d’en bloquer l’accès. Les policiers les ont avertis que quiconque irait sur le pont serait arrêté. La marche s’est poursuivie sur la rue Papineau en direction sud.

À minuit, une seule arrestation était signalée, pour voies de fait contre un policier, à la suite d’un «conflit» entre deux manifestants, selon la porte-parole Anie Lemieux.

À 00h45, quelques dizaines de manifestants marchaient encore au centre-ville. La police de Montréal faisait savoir, peu avant 1h, que la manifestation s’était terminée et que les gens s’étaient dispersés.

Les manifestants espèrent tenir une manifestation chaque soir jusqu’au dénouement de l’impasse.

«Nous sommes face à un gouvernement qui ne veut rien savoir de la population, qui n’est pas démocratique. C’est pourquoi nous manifestons tous les soirs, et nous allons continuer à nous faire entendre jusqu’à temps que le gouvernement nous écoute», a soutenu Jean-Louis Favron, étudiant au Collège Montmorency.

Les deux premières manifestations nocturnes, mardi et mercredi derniers, avaient donné lieu à de la casse et plusieurs dizaines d’arrestations. Depuis ce temps, ces marches ont été plutôt pacifiques. Bien que la police ait parfois déclaré très tôt les manifestations «illégales», celles-ci se poursuivaient dans le calme sous escorte policière.

Des étudiants ont fait valoir ces derniers jours que les casseurs n’étaient pas les bienvenus — par l’entremise de déclarations sur les réseaux sociaux, de slogans en cours de marche et parfois même de force pour les contenir. D’autres s’interrogeaient toutefois sur les réseaux sociaux sur la pertinence de manifester de façon plus «corsée» pour accroître le rapport de force des étudiants.

L’administration du maire de Montréal Gérald Tremblay et l’opposition au conseil municipal avaient uni leur voix pour condamner le port de la cagoule lors des manifestations dans la métropole.

La Commission de la sécurité publique avait jusqu’à ce lundi pour évaluer les modifications possibles à apporter aux règlements municipaux sur les manifestants masqués. La Ville de Montréal a confirmé lundi que le processus suivait son cours, alors que des recommandations doivent être faites d’ici la fin du mois.

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