OTTAWA – Le gouvernement fédéral doit dénicher des milliards de dollars pour régler les problèmes créés par son laxisme en matière de réglementation environnementale dans le passé, a affirmé mardi le commissaire à l’environnement et au développement durable.

Le gouvernement fédéral doit dégager 7,7 milliards $ pour payer la décontamination de sites, mais une fraction seulement de cette somme a été mise de côté, révèle Scott Vaughan dans son nouveau rapport.

Alors qu’Ottawa a annoncé récemment la réforme du processus d’évaluation environnementale, il importe de rappeler que la facture du nettoyage de sites négligés depuis des décennies est des plus salées, a souligné le commissaire Vaughan lors d’un point de presse.

La plupart des sites contaminés remontent à une période oscillant entre 1940 et 1970, soit bien avant que la réglementation environnementale ne s’attaque à l’extraction et au développement des ressources, a-t-il mentionné.

Ottawa a fait part de ses intentions de raccourcir le processus d’évaluation environnementale pour ne pas repousser inutilement les activités économiques pendant des années. M. Vaughan avait déjà proposé une telle mesure par le passé.

Les détracteurs de cette réforme estiment toutefois qu’il s’agit aussi, pour Ottawa, d’un moyen d’affaiblir la supervision politique des prises de décision, en exigeant moins d’évaluation et en se concentrant sur les projets d’envergure. Le gouvernement fédéral transférera par ailleurs des pouvoirs aux gouvernements provinciaux, bien que certains d’entre eux pourraient manquer d’outils pour effectuer leurs nouvelles tâches.

Le manque de surveillance par le gouvernement peut entraîner des conséquences irréversibles, a prévenu le commissaire Vaughan, citant notamment le cas de Giant Mines dans les Territoires du Nord-Ouest, où les restes d’arsenic datant d’il y a plusieurs décennies seront gelés et enfouis sous terre.

«Je crois que cela peut nous servir d’avertissement pour l’avenir», a mentionné M. Vaughan.

Quelque 9000 des 22 000 sites contaminés identifiés ont été traités, mais l’argent manque pour remettre en état les autres emplacements, indique-t-on dans le rapport de M. Vaughan.

Le rapport mentionne également qu’il y a un manque à gagner de 500 millions $ pour gérer les sites qui ont été évalués jusqu’à présent. Il reste peu d’argent dans l’enveloppe pour procéder à l’évaluation des autres sites.

Des centaines de sites se trouvent dans des villes, a ajouté M. Vaughan, ciblant notamment Ottawa et Montréal. Et ces sites sont souvent situés près de nappes phréatiques où est puisée l’eau potable. Plusieurs de ces emplacements n’ont toujours pas été évalués, et on ignore les risques réels qu’ils présentent, note-t-on également dans le rapport.

Le ministre de l’Environnement, Peter Kent, a souligné que le programme de nettoyage n’était qu’à mi-parcours, que des progrès importants étaient réalisés et qu’il continuerait de s’attaquer aux problèmes légués par les gouvernements précédents.

Il a aussi critiqué M. Vaughan pour avoir utilisé des données datant d’un an.

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