NEW GLASGOW, N.-É. – Vingt ans après le décès de son frère qui a péri il y a 20 ans dans l’explosion de la mine Westray, en Nouvelle-Écosse, Allen Martin s’est souvenu de moments précieux de sa vie que son frère Glenn, lui, n’aura jamais connus.

«Voir ma fille grandir, les voyages de pêche, notre petit-enfant», a-t-il dit devant une pierre commémorative en granit sur lequel est gravé le nom de Glenn et de 25 autres mineurs décédés dans l’explosion de méthane et de poussière de charbon du 9 mai 1992.

«Nous n’avons pas juste perdu Glenn, nous avons aussi perdu des souvenirs et des moments de bonheur qui ne pourront jamais être remplacés», a-t-il ajouté.

Allen Martin faisait partie de la cinquantaine de proches des disparus, de politiciens et de dirigeants syndicaux qui ont participé à une vigile, tôt mercredi matin à New Glasgow, près du site de l’ancienne mine.

Sous la pluie, le pasteur Glen Matheson a ouvert la cérémonie vers 7 h par une prière et un moment de silence. «Certains d’entre nous ont toujours des fantômes qui marchent à nos côtés», a-t-il dit avant de spécifier qu’il avait passé la soirée de mardi en compagnie de proches des victimes.

Il a également noté qu’il se trouvait au-dessus de la section de la mine qui a englouti pour toujours les corps de 11 mineurs. Les équipes de secours n’avaient pas pu les extraire des profondeurs de la Terre en raison de l’instabilité des roches.

«Tant que nous vivrons, nous ne les oublierons pas. Tant que nous vivrons, nous ferons de notre mieux pour rester en sécurité et protéger ceux qui nous entourent», a insisté le pasteur Matheson.

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Darrell Dexter, a transmis une déclaration écrite dans lequel il indique que les Néo-Écossais n’oublieraient jamais cette catastrophe, l’une des plus meurtrières de l’histoire canadienne.

«Nos pensées accompagnent les mineurs qui ont survécu, et les proches de ceux qui ont perdu la vie et qui continuent d’être touchés aujourd’hui par cette terrible tragédie», écrit-il dans un communiqué.

Le coup de grisou a eu lieu à 5 h 18, lorsqu’une poche de méthane a explosé. Une boule de flammes a ensuite dévalé les tunnels et provoqué l’explosion de la poussière de charbon, qui a secoué des maisons à des kilomètres à la ronde.

En avril 1993, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a porté des accusations contre le propriétaire de la mine, Curragh Resources Inc., et deux de ses dirigeants pour négligence criminelle et homicides involontaires. La Couronne a toutefois abandonné ces accusations.

Une enquête publique, présidée par le juge Peter Richard, a déterminé que la tragédie avait été le résultat d’un mélange de mauvaise gestion, d’incompétence, de bureaucratie, d’apathie, et de l’indifférence cynique des dirigeants de la mine.

La plupart des 74 recommandations du juge Richard dans son rapport ont été incluses dans la réglementation entourant les mines souterraines de la province adoptée en 2003.

Mais selon les dirigeants syndicaux qui étaient présents à la vigile mercredi matin, le gouvernement n’est toujours pas assez sévère avec les compagnies qui violent les règles de santé et sécurité.

Stephen Hunt, un représentant des Métallurgistes unis d’Amérique, a déploré devant la foule qu’on ne déployait pas suffisamment d’efforts afin de poursuivre les responsables d’accidents de travail mortels — un millier de personnes meurent au travail chaque année au Canada, a-t-il rappelé.

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