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Le gouvernement aurait-il trouvé une façon de dénouer l’impasse qui persiste dans le dossier de la grève étudiante? C’est du moins ce qu’a laissé entendre le premier ministre Jean Charest, lundi.

«Des choses vont changer, a déclaré M.Charest. Ça a débordé, ce n’est plus une histoire de droits de scolarité.»

Le premier ministre n’a cependant pas voulu préciser sa pensée, se contentant de dire que les nouveaux développements seront annoncés plus tard cette semaine.

Il ne serait toutefois pas question de loi spéciale pour forcer le retour en classe, ni de moratoire. Jean Charest a également indiqué que l’annulation des sessions n’était toujours pas à l’agenda.

Le premier ministre a annoncé la tenue d’un point de presse avec la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, à 15h15. On ignore pour le moment le sujet de leur allocution.

Des discussions téléphoniques ont par ailleurs eu lieu, lundi matin, entre la ministre de l’Éducation, Line Beauchamp, et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), la Fédération étudiate universitaire du Québec (FEUQ), la Coalition large de l’Association syndicale pour une solidarité étudiante (CLASSE) et la Table de concertation étudiante du Québec (TaCEQ).

Ces négociations informelles, qui ont duré près de deux heures et qui visaient à préciser certains éléments de l’entente de principe rejetée la semaine dernière par les associations étudiantes, se sont déroulées alors que sur le terrain, la tension a continué de monter.

Le retour en classe prévu par les collèges Rosemont et Édouard-Montpetit a ainsi été perturbé lundi matin.

Les cours devaient reprendre dans les deux collèges, à la suite d’injonctions. Les étudiants avaient pourtant voté en faveur de la poursuite de la grève.

Les manifestants ont bloqué les portes du Collège de Rosemont. L’un d’entre-eux a été blessé à la tête. La direction de l’établissement a par la suite décidé de suspendre les cours pour la journée.

Selon Radio-Canada, les policiers auraient chargé des étudiants paisibles au Collège de Rosemont. Le Syndicat des professeurs du Collège de Rosemont dénonce cette violence.

L’exécutif de l’Association Générale des Étudiants du Collège de Rosemont (AGECR) s’est aussi dit choqué que l’administration du Collège ait tenté de faire reprendre les cours malgré le vote des étudiants en faveur de la grève générale illimitée.

«L’attitude de l’administration du Collège n’aide personne. Au contraire, elle amplifie les tensions entre les étudiants», affirme Philippe Beaudoin-Martin, président de l’AGECR.

Au Collège Édouard-Montpetit, la direction a indiqué ne pas être en mesure d’assurer la sécurité des «personnes et des bâtiments» et a annulé ses cours.

Des étudiants ont aussi bloqué les entrées du Collège Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse. La direction du Collège a porté plainte pour méfaits. L’escouade anti-émeute serait arrivée sur place vers 10h20 et se serait placée entre les verts et les rouges afin d’éviter des affrontements.

Les cours n’ont pas été officiellement annulés, mais aucun d’entre eux n’a été donné.

Le ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, croit qu’en faisant fi des injonctions dans les collèges, la justice et ses ordonnances ne sont pas respectées.

«Le droit qui existe, c’est celui d’aller aux cours. Si certains étudiants veulent boycotter leurs cours, ils peuvent le faire. Mais ils ne peuvent pas entraîner les autres avec eux, a affirmé le ministre Fournier, en point de presse. La politique de la rue, ça n’existe pas dans notre société».

Pendant ce temps, à Longueuil, près de 200 manifestants ont bloqué, l’édifice Montval, où sont situés les bureaux du ministère de l’Éducation, de Loisir et du Sport.

L’escouade anti-émeute de la police de Longueuil aurait utilisé du poivre de cayenne. La tension serait toutefois redescendue en fin d’avant-midi alors que les manifestants avaient choisi de se diriger vers le Vieux-Longueuil, escortés par la police. Les employés de l’édifice à bureaux ont pu réintégrer leurs locaux en après-midi.

Les cours ont par ailleurs repris au Cégep de l’Outaouais, à Gatineau. Les étudiants s’étaient prononcés vendredi pour le retour en classe.

Carré blanc: Des scientifiques pour la paix sociale
Des scientifiques d’universités et de centres de recherche du Québec demandent au gouvernement de décréter un moratoire sur la question des droits de scolarité.

Préoccupés par l’escalade de la violence pendant le conflit, ils se joignent au mouvement du Carré blanc et veulent un retour à la paix sociale. Ils exigent aussi un processsus ouvert et transparent de consultation citoyenne sur l’importance de l’éducation dans la société québécoise.

À venir dans la journée

  • À 18h, un rassemblement s’organise devant l’hôtel de Ville de Montréal pour protester contre le nouveau règlement qui bannit le port de masques dans les manifestations.
  • À 20h, l’Orchestre de la Solidarité Sociale, formé de musiciens des universités de Montréal, McGill et du Conservatoire de musique présenteront un concert. À l’Église St-Jean-Baptiste, 309 rue Rachel Est.
  • À 20h30, Manifestation du soir. Départ de la Place Émilie-Gamelin.

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