GRC Michael Zehaf-Bibeau

OTTAWA – La mère de Michael Zehaf-Bibeau déclare qu’elle a peur que d’autres soient inspirés par les gestes de son fils. Elle espère qu’ils refuseront plutôt le monde «de préjugés, de haine et de rejet de la diversité» qu’il proposait.

Le quotidien Ottawa Citizen a publié dimanche une lettre détaillée écrite par Suzanne Bibeau après la récente diffusion de la vidéo que son fils a tourné sur son cellulaire avant de prendre d’assaut la Colline parlementaire à Ottawa en octobre dernier.

Mme Bibeau y écrit qu’elle est «attristée» par la vidéo dans lequel Michael Zehaf-Bibeau déclare que ses gestes meurtriers constituent des représailles contre les interventions militaires canadiennes en Irak et en Afghanistan.

Vendredi, le commissaire de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) Bob Paulson a affirmé que les preuves démontraient que le tireur du Parlement était un terroriste. Toutefois, sa mère croit que de définir ses actions est moins important que de les comprendre.

Dans sa lettre, Suzanne Bibeau écrit que les drogues «teintaient son monde d’une affreuse façon» et l’ont poussé à couper les ponts avec ses amis et sa famille, ce qui l’a amené à se radicaliser.

Elle souligne qu’elle devra vivre pour le reste de ses jours avec le fait que son fils a abattu le caporal Nathan Cirillo. Elle se sent responsable de ne pas avoir réussi à permettre à son fils d’être heureux.

«Je déteste ce qu’il a fait, mais je ne le déteste pas, lui. La haine est un sentiment négatif et destructeur, une partie de ce qui a rendu Michael comme il était», écrit-elle.

Suzanne Bibeau a vu son fils de 32 ans pour la première fois depuis des années environ une semaine avant qu’il ne commette son crime. Elle affirme qu’il «n’était pas fou, mais qu’il n’était pas bien» et qu’il croyait qu’elle et son père étaient des démons.

Surtout, elle affirme qu’elle a peur que son fils ait réussi, non seulement à prendre une vie mais aussi à répandre son message de haine.

«J’ai peur que des gens veuillent être comme lui», dit-elle dans sa lettre. «À ceux-là, je dirais: ‘s’il vous plaît arrêtez-vous et pensez à votre famille. Choisir la mort est facile; vivre est beaucoup plus compliqué, surtout pour ceux qui restent derrière à ramasser les pots cassés’».

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