VANCOUVER – Les allégations selon lesquelles le sexisme et le biais défavorable contre les travailleuses du sexe sont répandues au sein de la police de Vancouver et ont joué un rôle dans l’échec des policiers à attraper le tueur en série Robert Pickton sont fausses, a témoigné vendredi un haut responsable du service de police lors d’une enquête publique.

Le chef adjoint Doug LePard, qui a témoigné longuement l’automne dernier à propos de l’enquête de la police sur les femmes disparues à la fin des années 1990 et au début des années 2000, est retourné participer aux travaux de l’enquête publique sur l’affaire Pickton pour réfuter une série d’allégations lancées contre la police au cours des derniers mois.

Plusieurs d’entre elles concernent la façon dont la police traitait les prostituées. D’anciens policiers, des employés civils du service de police, des prostituées et les familles de victimes de Pickton ont rappelé des événements lors desquels des policiers ont mal traité des prostituées ou refusé d’écouter des membres de leurs familles et leurs amis tentant de rapporter leur disparition.

M. LePard a toutefois nié qu’il y ait eu ou qu’il y ait une culture de sexisme qui néglige les prostituées. Selon lui, il existe plusieurs exemples de crimes commis contre des prostituées et qui ont fait l’objet d’enquêtes «vigoureuses».

Le témoignage de vendredi de M. LePard s’est limité à un petit nombre d’allégations, la plupart d’entre elles liées aux attitudes envers les femmes et les travailleuses du sexe.

Le chef adjoint a rédigé un rapport, publié en août 2010, qui critiquait vigoureusement l’enquête du service de police sur l’affaire Pickton et identifiait plusieurs échecs. Mais le document conclut également que le sexisme et un biais contre les prostituées n’étaient pas des facteurs dans l’affaire.

M. LePard s’est excusé à plusieurs reprises de ne pas avoir attrapé Pickton plus tôt, et les avocats du service de police ont répété ces excuses à plusieurs occasions lors de l’enquête.

La police a toutefois passé l’enquête à affirmer que ces échecs n’étaient apparents qu’avec l’avantage du recul. Les policiers ont fait le mieux qu’ils pouvaient avec les informations à leur disposition, insiste le service de police, qui argue que les policiers ne devraient pas être blâmés.

Pickton a été arrêté en 2002 et fut éventuellement reconnu coupable de six accusations de meurtre non prémédité, bien que les dépouilles ou l’ADN de 33 femmes aient été découverts sur sa propriété de Port Coquitlam.

Il a déjà révélé à un policier d’infiltration qu’il en avait tué 49.

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