Carlos Hernandez/monscoop@journalmetro.com Des centaines de personnes ont manifesté dans les rues de Montréal.

MONTRÉAL – Le mauvais temps n’est pas parvenu à refroidir les ardeurs de tous les manifestants, vendredi soir. Les sons des casseroles ont retenti un peu partout à travers le Québec, continuant de donner un tour nouveau au mouvement de protestation étudiante.

La 32e soirée de manifestations contre la loi 78 restreignant le droit de manifester et la hausse des droits de scolarité a débuté peu après 19 h alors qu’un groupe d’environ 300 personnes avaient déjà pris d’assaut la rue Hochelaga à Montréal, casseroles en main.

Rue Masson, dans le quartier Rosemont, le tintamarre a commencé vers 19 h 20.

De nombreuses invitations avaient été lancées en début de soirée sur le réseau social twitter pour inviter les résidants de Québec, Saint-Jean-sur-Richelieu, Sherbrooke, Longueuil, Saint-Lambert, Cowansville, Drummondville et Vaudreuil à descendre dans la rue.

Vers 21 h, environ 300 personnes étaient postées devant l’Assemblée nationale. La police de Québec a demandé aux manifestants de lui fournir un itinéraire de la manifestation, ce que les personnes présentes ont accepté lors d’un vote. La manifestation qui regroupait moins de monde que la veille était donc légale et s’est déroulée dans le calme.

À Montréal, vers 20 h 33, le commandant Alain Simoneau du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a déclaré illégale la manifestation nocturne qui prenait place au parc Émilie-Gamelin, près de l’UQÀM, comme ce fut le cas les derniers soirs en vertu du récent règlement municipal P-6 obligeant la divulgation du parcours.

Au même moment, les personnes rassemblées faisaient tant de bruit qu’il est douteux que l’avis ait été entendu. Toutefois, le commandant Simoneau a ajouté que la manifestation était tolérée, notamment si les marcheurs respectaient le sens de la circulation. Toutefois, dès que des actes criminels seraient commis, un ordre de dispersion, précédé par un appel de sirènes, serait lancé.

La foule aurait été évaluée entre 2500 et 4000 personnes. À 23 h la foule demeurait sur place et seulement un individu aurait été interpellé par la police sur la rue Sainte-Catherine vers 22 h 45.

Le retentissement des casseroles donnait un air plutôt festif aux manifestations auxquelles participaient plusieurs adultes, familles et personnes âgées. Le règlement municipal interdisant le port de masques à Montréal a fait en sorte que très peu de gens étaient masqués.

Les concerts de casserole font écho à différents mouvements de protestations en Amérique du Sud, notamment au Chili alors qu’ils permettaient d’exprimer contre la dictature du général Pinochet qui avait interdit les rassemblements de plus de quatre personnes dans les rues.

On peut penser au tintamarre acadien. Selon le site CyberAcadie, «dans toutes les communautés acadiennes de l’Atlantique le 15 août à 18 h, les Acadiens manifestent dans les rues par un défilé de gens ou automobiles en faisant le plus de bruit possible avec des instruments que seule l’imagination peut décrire».

La pluie qui a commencé à tomber vers 20 h 45 a fait fuir quelques manifestants au parc Émilie-Gamelin. À Boucherville, en banlieue de Montréal, plusieurs marcheurs ont abandonné leur trajet.

Vers 21 h, les marcheurs ont emprunté leur parcours habituel se dispersant dans les rues autour du parc Émilie-Gamelin alors que les éclairs déchiraient le ciel. Une forte ondée a contraint certains d’entre eux à tenter de se mettre à l’abri.

Une jeune fille s’est dévêtue complètement devant les caméras avant qu’un policier la somme de se rhabiller et de quitter les lieux vers 22 h.

À Sherbrooke, les manifestants qui ont sillonné les rues par petits groupes avaient déjà commencé à retraiter vers 21 h 30. L’événement était terminé avant 22 h. Aucun affrontement, ni arrestation n’ont été signalés.

C’était le calme plat à Trois-Rivières où, selon une entente tacite, les manifestations auraient lieu les mardis, jeudis et samedis. A Saguenay, environ 50 citoyens du secteur Chicoutimi ont tambouriné sur leurs casseroles avant de rentrer chez eux tôt. Ils étaient plus nombreux la veille dans le secteur de Jonquière. À Alma, le vent et la pluie ont eu raison des militants qui ont rebroussé chemin.

Par ailleurs, la police de Gatineau aurait arrêté au moins deux personnes autour de 21 h 30 pour avoir troublé la paix publique. La manifestation regroupait seulement une trentaine de personnes.

À Saint-Jérôme, dans les Laurentides, des dizaines de citoyens ont défilé au son des casseroles. Des manifestations se sont également déroulées ailleurs en province, notamment à Saint-Jean-sur-le-Richelieu, à Saint-Haycinthe, à Rimouski, à Joliette, et aussi loin que Matane et les Îles-de-la-Madeleine.

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