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MONTRÉAL – Des policiers ont dû intervenir mardi pour contrer des
manifestations d’étudiants devant le ministère des Finances à Québec et
la Société des alcools du Québec à Montréal.

À Montréal, au siège de la SAQ, la manifestation a donné lieu à des
échauffourées, alors qu’environ 200 étudiants bloquaient toutes les
entrées de l’édifice.
“Nous avons lu un ordre d’éviction, a expliqué le lieutenant Ian
Lafrenière, du Service de police de la ville de Montréal (SPVM). Nous
avons fait une première intervention avec les policiers du poste de
quartier. Il y a eu beaucoup de résistance physique. Les jeunes n’ont
pas voulu quitter. Il y a alors eu intervention avec le groupe
d’intervention et finalement nous avons dû utiliser aussi des gaz
irritants, à savoir du poivre de Cayenne.”

Les étudiants ont ensuite pris d’assaut les rues, bloquant la
circulation sur un long parcours improvisé dans le centre-ville de
Montréal pour finalement aboutir devant l’Université Concordia. Un
manifestant a été appréhendé.
Jeanne Reynolds, porte-parole de la Coalition large de l’Association
pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), a ainsi expliqué la
décision de cibler la SAQ: “si le gouvernement, le seul langage qu’il
veut parler, c’est celui de l’argent, c’est celui avec lequel on va lui
répondre et on espère que, de cette façon, il va peut-être accorder un
peu plus de sérieux à nos revendications”.

“Il semble bien qu’une manifestation historique ça ne le fait pas
bouger. Alors on va continuer comme ça avec des petites perturbations”,
a-t-elle ajouté.

La manifestation s’est déroulée plus calmement à Québec, devant le
ministère des Finances. Après avoir été tenus à l’extérieur par les
étudiants pendant 90 minutes, les fonctionnaires ont pu entrer dans
l’édifice, à la suite de l’intervention des policiers, qui leur ont
ouvert le passage.

Environ 75 étudiants de la région de Québec, munis de banderoles, ont
scandé des slogans pendant que les fonctionnaires entraient en file dans
l’immeuble du Vieux-Québec, à côté du Château Frontenac.
Marie-Christine Trottier, porte-parole du front régional des
associations étudiantes à Québec, a déclaré que l’objectif de perturber
le ministère avait été atteint.

Mme Trottier, dont le mouvement est rattaché à la CLASSE, a affirmé que
les étudiants voulaient rappeler leur opposition à la hausse des droits
de scolarité.
“C’est quand même un ministère de 400 employés et leur faire perdre
quelques heures de travail, ça peut être significatif au niveau de
l’impact, a-t-elle dit. On espère que ç’a pu perturber et permettre de
passer un message au ministre (Raymond) Bachand.”

Alors que le mouvement contre la hausse des droits de scolarité a
culminé la semaine dernière par une gigantesque manifestation à
Montréal, Mme Trottier a affirmé que la mobilisation continue.
“Il y a près de 200 000 étudiants en grève et le but c’est de maintenir
le mouvement, a-t-elle dit. Le mouvement n’a pas l’air de s’essouffler
dernièrement. Plusieurs votes de grève ont été reconduits lundi et
vendredi dernier.”

Pendant ce temps, le premier ministre Jean Charest a donné un premier
signe – quoique très mince – d’ouverture.
Sans aller jusqu’à soumettre une proposition aux étudiants en grève, le
premier ministre, qui participait à une conférence de presse à Québec, a
créé une brèche non pas du côté de la hausse des droits de scolarité,
comme le réclament les étudiants, mais bien de celui de l’aide
financière.

“Au fil du temps, on va toujours chercher à améliorer notre système de
prêts et bourses qui est le plus généreux en Amérique du Nord. On met un
demi-milliard par année en bourses au Québec. Est-ce que c’est possible
de rendre meilleur notre système? La réponse sera toujours oui”, a-t-il
indiqué.

“Nous sommes toujours à l’écoute des étudiants, nous n’avons jamais
arrêté d’écouter et nous sommes sensibles à ce qu’ils expriment”, a-t-il
poursuivi.
M. Charest a cependant fait comprendre que son gouvernement ne cédera
pas sur la question de l’augmentation des tarifs imposés aux étudiants,
peu importe les manifestations et les pressions exercées sur les députés
libéraux.

La décision d’accroître de 1625 $ les droits de scolarité au cours des
cinq prochaines années a beau être impopulaire, elle n’en demeure pas
moins nécessaire pour assurer la compétitivité de l’enseignement
supérieur au Québec, a insisté le premier ministre.

“Gouverner au Québec, ce n’est pas toujours dire oui. Être premier
ministre du Québec, c’est de prendre des décisions qui de temps en temps
ne sont pas populaires, mais l’avenir du Québec commande que nous ayons
la capacité, comme société, de prendre des décisions d’avenir”, a-t-il
dit.

La CLASSE a prévu d’autres actions de ce type cette semaine, ciblant des
acteurs gouvernementaux ou économiques.
Plus tard dans la journée, des manifestations se tiendront dans les
villes de Montréal, Laval, Saint-Hyacinthe, Sherbrooke, Jonquière et
Val-d’Or, de même que devant l’Assemblée nationale, à Québec. Elles sont
organisées par Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) et la
Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ).

Dans le cas de la
manifestation montréalaise, le parcours a été déterminé et communiqué
aux forces de l’ordre.

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