TORONTO – Un examen des registres ontariens a permis de révéler que plus de 100 enfants auparavant non identifiés seraient morts dans les pensionnats autochtones, a annoncé jeudi le coroner en chef de l’Ontario, Andrew McCallum.

L’information a été recueillie après que 5000 avis de décès eurent été soigneusement étudiés. Les documents avaient été choisis de manière aléatoire dans un lot total de 250 000 avis datant du 19e siècle.

En entrevue à La Presse Canadienne, Dr McCallum a déclaré qu’il était «stupéfiant» de penser que des familles n’ont jamais pu savoir ce qui était arrivé à leurs enfants envoyés dans les pensionnats.

Il a affirmé qu’il y avait eu un «énorme trou» dans l’information transmise aux familles immédiates, et que les renseignements qui avaient été fournis à celles-ci étaient «fort incohérents».

Le Bureau du coroner de l’Ontario a commencé à tenter d’identifier des enfants morts et disparus des pensionnats autochtones à la demande de la Commission de vérité et réconciliation du Canada.

Le projet «Enfants disparus» tente d’identifier les nombreux enfants autochtones qui sont morts ou qui sont disparus alors qu’ils fréquentaient les pensionnats, des institutions financés par le gouvernement et gérées par le clergé. Le dernier pensionnat canadien a fermé ses portes dans les années 1990.

Au total, quelque 150 000 enfants autochtones ont été contraints à quitter leur communauté pour se rendre dans ces écoles qui visaient à les assimiler à la société canadienne telle qu’elle avait été imaginée par les Européens. Selon certaines estimations, le taux de mortalité y avoisinait les 50 pour cent, surtout avant les années 1940.

Bien que certains décès ont été des suicides, la majorité des morts sont attribuables aux maladies ou encore aux accidents, aux noyades et à l’hypothermie qui attendaient certains enfants ayant pris la fuite.

«Ils étaient terriblement malheureux, et ils s’enfuyaient», observe le docteur McCallum.

«Ils ont succombé en raison de divers facteurs qui affectent les enfants qui ils se retrouvent seuls dans des environnements difficiles.»

La Commission de vérité et réconciliation du Canada a été mise sur pied en 2007 par le gouvernement fédéral et elle s’inscrit dans la foulée des excuses de ce gouvernement pour le système de pensionnats autochtones.

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