WHITEHORSE — Le secrétaire d’État américain John Kerry croit que tout politicien aspirant au pouvoir devrait se rendre dans le Nord et discuter des changements climatiques qui touchent la région. Mais le chef conservateur Stephen Harper en a fait tout autrement, vendredi, en éludant cette question de ses annonces à Whitehorse, au Yukon.

Bien que le Nord ressente plus que toute autre région du Canada les effets du réchauffement de la planète, M. Harper n’en a pas fait mention dans son discours, et il est resté avare de commentaires lorsque questionné sur le sujet.

«Je crois que les deux enjeux majeurs de la campagne sont l’économie et la sécurité», a-t-il déclaré.

M. Harper a fini sa semaine de campagne dans le territoire pour énoncer ses engagements sur ces deux fronts. Le Parti conservateur veut s’assurer de conserver le seul siège du Yukon.

Le premier ministre sortant a promis d’établir une nouvelle unité de réserve de l’armée. Les conservateurs s’étaient précédemment engagés à augmenter le nombre de membres de la Force de réserve, de 24 000 à 30 000. Le territoire avait son propre régiment de réserve en 1968.

Il a également annoncé que son gouvernement investirait neuf millions de dollars sur trois ans à partir de 2016 dans le cadre d’un programme de tourisme visant à attirer les pêcheurs récréatifs, les chasseurs et les motoneigistes américains.

M. Harper a aussi annoncé plusieurs mesures pour les chasseurs, dont un programme annuel de cinq millions de dollars à partir de 2017 afin de préserver l’habitat des animaux, dont les oiseaux, les originaux et les dindons.

Sur les changements climatiques, toutefois, le chef conservateur ne s’est contenté que de réitérer des mesures déjà connues. Il a répété que le gouvernement souhaitait atteindre une cible de réduction de gaz à effet de serre de 30 pour cent d’ici 2030 par rapport aux niveaux de 2005. C’est l’objectif du Canada qui sera présenté à la conférence de Paris sur les changements climatiques en décembre.

L’arrivée M. Harper a coïncidé avec le départ des grands dirigeants du monde qui participaient cette semaine, en Alaska, à un sommet international sur les enjeux de l’Arctique. La délégation du Canada était représentée par un haut fonctionnaire. Le ministre canadien des Affaires étrangères Rob Nicholson a justifié son absence par la campagne électorale en cours.

Le secrétaire d’État John Kerry semble avoir fait référence à l’absence du ministre lors de son allocution de fermeture en affirmant que «toute personne qui souhaiterait se présenter à n’importe quel poste élevé» devrait s’informer «sur ce défi sismique qui affecte des millions de personnes».

La crise des réfugiés

Par ailleurs, plus tôt en journée, l’enjeu de la crise des réfugiés a rattrapé le chef conservateur. M. Harper a une fois de plus soutenu qu’il n’était pas nécessaire d’accueillir davantage de réfugiés au pays, et qu’il était aussi important de poursuivre les bombardements aériens contre le groupe État islamique (ÉI) en Irak et en Syrie.

Il a rappelé sa promesse de recevoir 10 000 réfugiés syriens d’ici quatre ans, s’il est réélu, tout en continuant la mission militaire contre l’ÉI. Il n’est toujours pas question d’accélérer le processus d’accueil de ces éventuels réfugiés au Canada.

Le séjour de M. Harper à Whitehorse est sa troisième visite dans le Nord depuis le début de la campagne — bien qu’il ait visité la région chaque été.

Les conservateurs font face à une chaude lutte au Yukon. Le député sortant conservateur Ryan Leef tente de se faire réélire contre l’ancien député libéral Larry Bagnell, qui avait été élu successivement entre 2000 et 2011. M. Leef avait remporté la circonscription par seulement 132 votes aux dernières élections de 2011.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) présente lui aussi une candidate vedette: l’avocate autochtone Melissa Atkinson, qui a été présidente de la Commission des droits de la personne du Yukon.

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