Les 34 000 enseignants dont le syndicat local est affilié à la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) n’entrent pas en classe mercredi. Ils feront la grève pour dénoncer les offres que leur a fait le gouvernement en vue du renouvellement de leur contrat de travail.

«Les gens sont mobilisés. Les gens font plus que ce qui a été adopté dans les plans d’action. Les gens ne décolèrent pas», a rapporté mardi le président de la FAE, Sylvain Mallette, à la veille de cette journée de débrayage.

Le dépôt de nouvelles offres patronale la semaine dernière n’a fait que «jeter de l’huile sur le feu», d’après M. Mallette. Le gouvernement a proposé d’augmenter la moyenne du nombre d’élèves par classe et de faire passer de 32 à 40 le nombre d’heures de travail que les enseignants doivent effectuer à chaque semaine à l’école sans compensation financière. Les élèves handicapés ou en difficulté d’apprentissage ou d’adaptation seraient considérés comme des élèves réguliers, d’après les offres de Québec.

«C’est comme si la partie patronale a voulu sciemment déraper la négociation. Ça n’avance pas. Ça fait du surplace», a dit M. Mallette. Ce dernier espère que la journée de grève aura un impact à la table de négociation. D’autres jours de grève sont prévus, entre le 14 et le 30 octobre.

Très tôt en matinée, mercredi, les enseignants feront du piquetage devant leur école. Ils se dirigeront ensuite vers le centre-ville de Montréal, où une vaste manifestation y est organisée. Près de 20 000 enseignants en grève sont attendus. Au moins 290 autobus seront nolisés pour que des membres de la FAE puissent prendre part au rassemblement.

Le départ sera donné devant la Tour de la Bourse à la place Victoria. Ils marcheront ensuite vers le Square Dorchester en passant par les boulevards Robert-Bourassa et de Maisonneuve et la rue Metcalfe.

Des étudiants qui font partie de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) y participeront aussi. Près de 17 000 d’entre eux ont voté en faveur d’une journée de grève, notamment à l’Université du Québec à Montréal et à l’Université Concordia. «C’est en signe de solidarité claire avec les enseignants», a dit la porte-parole de l’ASSÉ, Hind Fazazi.

Quant aux parents, certains d’entre eux pourraient prendre part à la vaste manifestation, mais le mouvement Je protège mon école publique n’y sera pas. Il préfère se concentrer à préparer les chaînes humaines qui auront lieu jeudi matin.

«On rejoint les professeurs dans plusieurs de leurs revendications, comme lorsqu’il est question de la qualité de vie des écoles et du soutien aux enfants et aux enseignants, a dit la porte-parole du mouvement, Pascale Grignon. Par contre, à travers la lutte syndicale, il y a d’autres débats pour lesquels on ne prend pas position.»

Le ministre de l’Éducation, François Blais, a de son côté blâmé les commissions scolaires de n’avoir pas voulu offrir des services de garde pendant la journée de grève.

«On [était] prêt à financer les commissions scolaires, a dit M. Blais. Aux dernières nouvelles, elles maintenaient le mot d’ordre [voulant] que les écoles devaient être fermées alors que les personnes dans les services de garde seront payées. Je trouve cela regrettable. C’est une perte pour les parents.»

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