MONTRÉAL – Le Mouvement d’éducation et de défense des actionnaires (MEDAC) abandonne la bataille qu’il mène depuis 2006 contre Power Corporation afin que ce conglomérat montréalais divulgue les états financiers de sa filiale Gesca, propriétaire de plusieurs quotidiens québécois, dont La Presse et Le Soleil, et de ses sous-filiales.

Fatigué par les «réunions, les efforts et les études», «limité dans ses moyens» et dans le financement qu’il reçoit, le MEDAC a choisi de se retirer de la cause, qui sera par ailleurs reprise à titre personnel par son fondateur, Yves Michaud.

En entrevue jeudi à La Presse Canadienne, le président du MEDAC, Fernand Daoust, a expliqué que le regroupement pourrait désormais avoir «accès aux documents», avant de reconnaître que de «se mettre à les fouiller et à faire appel à des experts financiers» pourrait «dépasser les moyens» du MEDAC.

M. Daoust n’a toutefois pas exclu la possibilité que Power Corporation «revienne avec une contestation» si le MEDAC souhaitait prendre possession des documents.

Power Corporation soutient que le dévoilement des états financiers de ses filiales — notamment La Presse ltée, Cyberpresse inc. et Les Éditions Gesca ltée — pourrait lui nuire au regard de la concurrence.

M. Daoust a reconnu que le conglomérat Power Corporation, bien qu’il ait décidé de ne pas porter la cause jusqu’en Cour suprême, «avait fait savoir au MEDAC que si ses membres voulaient vraiment voir les états financiers, alors il faudrait que ceux-ci s’engagent à la confidentialité». Il a ajouté que plusieurs membres ne franchiraient pas l’étape de la consultation afin de ne pas être «attachés par des liens de confidentialité».

«Eux (Power Corporation) devraient en revanche prouver qu’on ne pourrait pas se promener avec leurs états financiers parce que ça ferait plaisir à la concurrence», a-t-il expliqué.

«Là on s’est dit: il n’y a plus de limites, on va passer notre temps avec des avocats», a-t-il ajouté.

En vertu de l’article 157 de la Loi canadienne sur les sociétés par actions, le MEDAC demandait à consulter les états financiers des filiales et sous-filiales de Power Corporation, que ceux-ci soient consolidés directement aux résultats de la société mère ou par le truchement de plusieurs opérations comptables, comme c’est le cas pour Gesca.

En septembre 2009, trois juges de la Cour d’appel du Québec avaient confirmé unanimement la victoire du MEDAC en Cour supérieure. Le conglomérat souhaitait faire renverser la décision du juge de première instance, qui avait statué que les actionnaires pouvaient avoir accès aux états financiers de sa filiale Gesca et de ses sous-filiales.

Power Corporation avait ensuite décidé de ne pas s’adresser à la Cour suprême pour tenter de faire annuler ces décisions.

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