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OTTAWA – Qui aura droit de faire pousser de la marijuana? À quel âge aura-t-on le droit de la consommer? Qui pourra la vendre?

Un groupe de travail mis sur pied par le gouvernement fédéral consulte la population canadienne et les gouvernements provinciaux, territoriaux et municipaux pour répondre à toutes ces questions.

Même si les ministres fédérales de la Justice et de la Santé assurent que rien n’est décidé, quelques déclarations politiques et le document mis en ligne pour inspirer la réflexion offrent des indications sur les intentions d’Ottawa.

Ainsi, le document de discussion identifie les objectifs du gouvernement — «établir et appliquer un système strict de production, de distribution et de vente», «imposition de taxes» — et donne des exemples : «emballage à l’épreuve des enfants», «étiquettes d’avertissement».

Le secrétaire parlementaire de la ministre de la Justice, présent à la conférence de presse jeudi matin pour annoncer le groupe de travail, était déjà prêt à dire qu’il faudra limiter le droit à la production, la marijuana n’étant pas «comme un plant de tomates».

«La science est claire: la marijuana n’est pas une substance bénigne», a offert Bill Blair. Il faut, a-t-il dit, s’assurer que ce que les Canadiens consomment soit «aussi sain» que possible, d’où le besoin d’un «cadre réglementaire efficace et complet pour contrôler la production, la distribution et la consommation de marijuana».

«Nous voulons nous assurer de diminuer les risques (…) pour protéger nos communautés, protéger nos enfants, protéger la santé des Canadiens», a répondu M. Blair au journaliste qui lui demandait si la production personnelle, dans son propre jardin, serait permise.

Mais la ministre de la Santé Jane Philpott s’est empressée de rajuster le tir. «Aucune décision n’a été prise à propos de l’allure de (l’éventuelle) loi. Nous avons soumis ces questions au groupe de travail et nous attendons leurs recommandations», a-t-elle repris.

Le gouvernement de Justin Trudeau s’est engagé à légaliser, dès le printemps prochain, l’utilisation du cannabis à des fins récréatives.

En plus du projet de loi à rédiger, il y a tout un système à inventer: décider qui a le droit de produire cette marijuana, à qui et comment elle pourra être vendue. Ainsi, les provinces, comme pour l’alcool, auront leur mot à dire sur l’âge légal de consommation et sur les lieux de vente.

«Je ne veux pas laisser entendre que chaque province aura exactement le même système de distribution. Cela pourrait arriver, mais il est trop tôt aujourd’hui pour répondre à ces questions», a dit la ministre Philpott.

Le groupe de travail est dirigé par une ancienne ministre du gouvernement Chrétien, Anne McLellan. Il est composé d’experts en santé publique, en toxicomanie, en application de la loi ainsi qu’en justice.

Tous ces experts prévoient s’inspirer des expériences du Colorado et de l’état de Washington. La consultation publique des Canadiens ordinaires est déjà mise en ligne et sera accessible jusqu’au 29 août.

Le rapport du groupe de travail est attendu en novembre et sera publié.

Également présent au point de presse, le secrétaire parlementaire du ministre de la Sécurité publique, Michel Picard, a senti le besoin de rappeler qu’en attendant le projet de loi du printemps prochain, les lois actuelles qui interdisent la possession de la marijuana s’appliquent toujours.

Le député Picard a également donné un aperçu des mesures qui pourraient accompagner la légalisation de la marijuana.

«Il est inquiétant de savoir que les jeunes Canadiens sont deux fois plus enclins à conduire après avoir consommé de la marijuana que de le faire après avoir consommé de l’alcool. Nous nous engageons à nous assurer que les personnes qui conduisent sous l’effet de drogues, y compris la marijuana, seront soumises à des lois plus rigoureuses», a-t-il promis.

À la sortie des ministres, un jeune homme vêtu d’un complet vert et noir, dans un tissu imprimé d’images de plants de marijuana, a tenté d’interpeller le secrétaire parlementaire Blair.

«Ça devrait être un marché libre et équitable», a réclamé Neil Hanniman de la Cannabis rights coalition. L’homme voudrait que la possession de marijuana soit décriminalisée plutôt que légalisée et soumise à des règles.

Au NPD, on voudrait aussi une décriminalisation de la possession simple de marijuana, mais seulement en attendant la légalisation, ce que le gouvernement libéral refuse de faire.

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